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Les crabes Calappa, de vraies petites forteresses vivantes

Dossier - Les fascinants crabes : tout savoir sur le crabe
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Tourteau, araignée de mer, étrille, etc. : si les crabes sont un mets que beaucoup apprécient, l'incroyable diversité de ces animaux aux formes, aux couleurs et aux modes de vie étonnants reste méconnue.

  
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Bombés et massifs, les Calappa s'enfouissent dans le sable jusqu'aux yeux. Leurs pinces, munies d'un ingénieux système d'« ouvre-boîte », sont spécialisées pour éclater les coquilles de gastéropodes dont ils sont très friands.

Une quarantaine d'espèces de Callapa habite les fonds sableux ou coquilliers des eaux côtières, surtout tropicales. Plus proche de nos régions, Calappa granulata (coq de mermigraine en Provence) vit sur les côtes méditerranéennes et atlantiques, du Portugal à la Mauritanie, jusqu'à 150 m de profondeur.

Haute, très convexe et élargie de chaque côté, la carapace (jusqu'à 15 cm de large) forme une sorte de bouclier qui couvre entièrement les pattes, toutes fines, quand celles-ci sont fléchies. Les deux énormes pinces, comprimées, ont leur bord supérieur en crête dentelée. Quand le crabe les replie, elles viennent s'appliquer contre la carapace et s'encastrent parfaitement l'une dans l'autre. S'il est inquiété, le crabe peut rester ainsi longtemps, fermé comme une boîte ! Son surnom de « crabe honteux » vient d'ailleurs du fait que, comme coupable de quelque délit, il se dissimule derrière ses pinces.

Pour se protéger de ses prédateurs, pieuvres ou poissons, il s'enfouit. Ses pinces s'activent à repousser le sable tandis que, tout en reculant, les mouvements du corps et des pattes le tirent vers le bas. En quelques secondes, il est enseveli, jusqu'aux yeux.

Calappa sulcata. © Jonathan Vera Caripe, Flickr, CC by-nc 2.0

Le crabe ouvre-boîte

Les Calappa sont friands de gastéropodes et leur méthode pour parvenir à les déguster est des plus stupéfiantes. Avec la pince droite, très forte et munie d'un dispositif de dents et de protubérances, il saisit le bord de la coquille et fait levier, comme avec un ouvre-boîte ! Une fois que l'ouverture a craqué, il répète cette opération jusqu'à ce que la coquille soit brisée tout le long de sa spirale. La chair du mollusque peut alors être extraite avec les doigts longs et fins de la pince gauche.

Des scientifiques ont constaté que c'est presque toujours la pince droite qui sert à ouvrir le coquillage. Pourquoi ? « Parce que l'ouverture de la coquille des gastéropodes est orientée vers la droite ! Sous l'océan, les chasseurs [les crabes] et leurs proies [les gastéropodes] sont donc engagés dans une course de vitesse aux armements ! Les coquillages s'ouvrant sur le côté droit, les crabes ont évolué en conséquence et sont devenus droitiers ! » (Peter Ng Kee LinMission Santo, Vanuatu, 2006).