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Le 17 février 2012 à 14h37

CleanSpace One, un calmar spatial antidébris spatiaux

Par Rémy Decourt, Futura-Sciences

Pour désorbiter les débris spatiaux, l'École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) propose un curieux engin, le CleanSpace One, de petite taille et munis de bras pour saisir sa cible avant de la précipiter dans l'atmosphère. L'ancien astronaute Claude Nicollier est de la partie.

Face aux milliers de débris dans l’espace, l’idée n’est pas de tous les désorbiter mais bien d’aller récupérer ou d'éliminer les plus gênants. On pense à des satellites en fin de vie, des étages de lanceurs en déshérence ou des débris de plus petites tailles, qui sont les plus dangereux. Il faut savoir que la trajectoire de nombreux satellites est souvent modifiée pour éviter tout risque de collision avec un débris. Dans la plupart des cas, il s’agit du même !

L'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et le Centre spatial suisse qu’elle intègre, viennent de dévoiler CleanSpace One, un petit satellite de récupération de débris, qui doit les désorbiter afin de les détruire dans l’atmosphère terrestre. « Il est temps de faire quelque chose pour réduire la quantité de débris dans l’espace », a déclaré mercredi Claude Nicollier, ancien astronaute de l'Esa, à l’EPFL.

Le chasseur de débris CleanSpaceOne serait mis en orbite comme un satellite classique puis actionnerait son propulseur pour rejoindre sa cible, l'agripper avec ses pinces et entamer une désorbitation pour retomber avec sa proie dans l'atmosphère.
Le chasseur de débris CleanSpaceOne serait mis en orbite comme un satellite classique puis actionnerait son propulseur pour rejoindre sa cible, l'agripper avec ses pinces et entamer une désorbitation pour retomber avec sa proie dans l'atmosphère. © EPFL

CleanSpace One devra réussir une première

Avec CleanSpace One, les initiateurs du projet veulent aller récupérer le picosatellite Swisscube (820 grammes, 10 cm de côté) mis en orbite en 2009 ou Tisat lancé en juillet 2010. « Aller chercher un débris dans l’espace, cela n’a jamais été fait », a affirmé Muriel Richard, la responsable du projet. Une fois lancé, le petit CleanSpace One – 30 cm de long sur 10 de large et 10 de haut – devra rejoindre sa cible, la saisir, se stabiliser, sortir de l’orbite et se diriger vers l’atmosphère terrestre où le couple de satellites se consumera.

Une procédure qui paraît simple mais Christophe Bonnal, expert à la Direction des lanceurs du Cnes et spécialiste des débris spatiaux au Cnes, explique à Futura-Sciences qu'actuellement « on ne sait pas faire de rendez-vous non coopératif ». Avec ce projet, « ce n’est pas tant l’aspect concret du nettoyage qui est le plus intéressant mais beaucoup plus la démonstration de toutes les technologies dont on aura besoin pour ensuite extrapoler à des objets beaucoup plus importants ».

À terme, CleanSpace ambitionne de désorbiter des objets bien plus gros. C’est pourquoi le Cnes, l’Esa et certains industriels suivent ce projet qui doit valider en vol les différentes technologies nécessaires à ce type de mission. Si la récupération de Swisscube ou Tisat réussit, les technologies mises en œuvre pourront être extrapolées pour des débris bien plus encombrants.

Cela dit, aller chercher un kilogramme en orbite ne sera pas simple. La mission n’est pas envisagée avant 2016. Quelques points durs sont à effacer et certains choix technologies méritent d’être approfondis. Par exemple, la propulsion électrique à faible poussée telle qu’elle est envisagée par les Suisses n’est peut-être pas la mieux adaptée. Quant à la capture, les choix se portent sur des mécanismes de préhension inspirés du monde animal ou végétal...

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Projet universitaire par excellence puisqu’il intègre professeurs, chercheurs et étudiants, CleanSpace One (que l'on voit sur ce dessin s'apprêtant à capturer un satellite en fin de vie) doit démontrer qu’il est possible de rejoindre un objet, en l'occurrence un petit satellite suisse en orbite, pour le désorbiter. © École polytechnique fédérale de Lausanne
Projet universitaire par excellence puisqu’il intègre professeurs, chercheurs et étudiants, CleanSpace One (que l'on voit sur ce dessin s'apprêtant à capturer un satellite en fin de vie) doit démontrer qu’il est possible de rejoindre un objet, en l'occurrence un petit satellite suisse en orbite, pour le désorbiter. © École polytechnique fédérale de Lausanne