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Nom de code : projet P415

Dossier - Du satellite espion à Echelon
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Les services de renseignements sont probablement aussi vieux que le monde. Aussitôt que l'homme a exploré son territoire, il a voulu savoir qui habitait à côté de chez lui, ce qu'il faisait et dans quel but....

  
DossiersDu satellite espion à Echelon
 

Nous avons dit précédemment que certains experts prétendaient que le réseau ECHELON était technologiquement dépassé au vu des attentats récents. Si c'est encore partiellement vrai au tournant du millénaire, il existe aujourd'hui le projet P415 (nom provisoire attribué par Lockeed Martin, le plus gros fournisseur en technique d'espionnage) et quelques autres d'envergure.

Navette spatiale. © Skeeze domaine public

Quand ils doivent préserver leur brillante industrie du Renseignement, les américains sont champions pour l'enrichir à coups de milliards de dollars de très haute technologie. Selon des informations fournies en secret au Congrès américain, les agences de renseignements américaines, britanniques et alliées auraient mis sur pied le nouveau système de surveillance global top secret du XXIeme siècle.

P415 peut mettre sur écoute un milliard d'appels téléphoniques par an rien qu'en Angleterre. Il peut donc potentiellement écouter chacun d'entre nous et le temps jugé nécessaire.

Bien qu'exploité par la NSA les agences de renseignements de beaucoup d'autres pays sont étroitement impliquées dans le nouveau réseau, y compris l'Angleterre, l'Australie, l'Allemagne, le Japon et... la République populaire de Chine.

Depuis les années "90" de nouvelles stations et des centres de surveillance par satellite ont été construits autour du monde et de nouveaux satellites espion ont été lancés, de sorte que le NSA et ses alliés peuvent suivre toutes les communications internationales depuis leur siège (GCHQ) à Cheltenham. Il n'est pas impossible qu'un jour ou l'autre chacun de nous tiendra une conversation internationale au téléphone, au GSM ou par le biais de n'importe quel autre média (TV, radio onde-courte, email, Internet, Echolink, etc) que les agents de renseignements jugeront suspecte et classeront dans leurs ordinateurs.

La plus grande station d'outre-mer du réseau P415 est la base américaine de surveillance des satellites de Menwith Hill (de son véritable nom "RAF Menwith Hill"). Cet immense micro branché sur la Terre est dédié aux communications internationales mais, selon certains experts, il serait également capable d'écouter le trafic local. En fait le site de Menwith Hill a été accusé de corruption et de surveiller les appels domestiques par un ancien employé.

Ce vaste réseau de surveillance électronique des signaux électromagnétiques est divisé en secteurs. Le pacte UKUSA a assigné des parties du globe à chaque agence participante. GCHQ est le centre de coordination pour l'Europe, l'Afrique et la partie dite européenne de la Russie (à l'ouest de l'Oural).

La NSA couvre le reste de la Russie et la plus grande partie du continent Américain. L'Australie coordonne la surveillance électronique du Pacifique du sud et Sud-est asiatique.

Avec un personnel de 15000 employés et un budget de 500 millions de livres sterling par an (852 millions d'euros), sans compter le nouveau satellite espion Zircon, le GCHQ est la partie de loin la plus importante du Renseignement britannique.

Les gouvernements anglais successifs ont tout misé sur les possibilités d'écoute clandestine de ce système, qu'il soit utilisé pour intercepter les signaux codés des militaires russes ou les cibles beaucoup plus faciles comme les transmissions civiles commerciales et privées.

Le projet "Silkworth" est, selon des spécialistes du Renseignement, le nom de code du programme de surveillance des radios à longue portée. "Moonpenny" est un système surveillant les communications par satellite. "Runway" serait un réseau contrôlant un satellite d'écoute clandestine appelé "Vortex", actuellement en orbite au-dessus de la Russie. Au préalable Menwith Hill contrôlait une série similaire de satellites baptisés "Chalet".

Le centre de contrôle de "Steeplebush" semble lié au plus récent et au plus grand satellite de surveillance. Selon des sources bien informées celui-ci serait appelé "Magnum".

La navette spatiale américaine utiliserait occasionnellement du matériel d'espionnage.

Habituellement le satellite "Big Bird" n'est pas relié à Menwith Hill. C'est sensé être un satellite photographie de reconnaissance à basse altitude. Mais les enquêtes du Congrès ont établi après avoir reçu les laissez-passer adéquats que "Big Bird", comme beaucoup d'autres satellites, était déguisé en satellite météo et portait également un dispositif d'écoute. On rapporte également qu'un équipement SIGINT aurait été embarqué à bord de la défunte navette spatiale Challenger, en dépit de son activité en apparence civile et bien innocente.

Vaisseau spatial chinois Shenzhou qui embarqua le premier taikonaute en 2003 mais également une caméra de reconnaissance à haute résolution (1m au sol) et des antennes micro-ondes de réception.

Plus récemment, le vaisseau spatial chinois Shenzhou qui fut lancé en octobre 2003 avec le premier taikonaute à son bord, le Colonel Yang Liwei, avait également une mission assez ambiguë. Le module était apparemment équipé de matériel militaire d'espionnage. Il disposait d'une caméra de reconnaissance capable d'observer des cibles mesurant 1 mètre au sol. Il disposait également d'antennes array pour intercepter les radars et d'autres signaux émis à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Mais a priori cela ne semblait pas préoccuper les Etats-Unis.

Parmi les infrastructures les plus importantes développées dans le cadre du projet P415, se trouve la base de Morwenstow situé près de Bude en Cornwall (UK), géré par le GCHQ et deux bases situées en République populaire de Chine qui espionnent les transmissions russes. Mais suite à la restitution de Hong Kong à la Chine, l'ancienne station d'écoute de Chung Hom Kok a dû être fermée. Elle écoutait le traffic de la Chine et dut vraisemblablement être remplacée par une station japonaise, ou mieux encore par un satellite espion.

Des informaticiens de la 424eme Escadrille de Communication administrant leur réseau local. La mise en réseau d'information ouvre une brèche dans la sécurité informatique mais elle peut être circonscrite par des procédures d'identifications sévères (login, mot de passe, carte d'accès, reconnaissance biométrique, serveur d'authentification, etc) et l'acheminent des données par des canaux sécurisés et en appliquant des actions très compartimentées entre services, à l'instar de ce qui se pratique dans certaines banques. Toutefois transitant par voie électromagnétique, beaucoup de données sensibles peuvent être interceptées à distance (rappelez-vous le principe de la technologie Wi-Fi). Le cas échéant ces données doivent donc être transmises sous forme cryptée. © Documents U.S.Navy et A.F.Link.

En effet, comme cela c'est fait en Australie en 1988, des satellites de communications lancés par des pays du tiers monde tels que l'Inde et l'Indonésie disposaient des moyens pour intercepter les communications australasiennes. De son côté l'Australie gère les satellites espion britanniques à partir de la base de Geraldton situé dans le nord du pays et depuis Blenheim en Nouvelle Zélande.

Toutes les télécommunications transmises par mode analogique (SSB, AM, FM, etc) civiles ou militaires sont très sensibles aux interférences et au bruit et doivent être protégées ou remplacées par des modes numériques beaucoup plus sûrs. Une opératrice aux commandes du système de brouillage SLQ-32 SEEC (Surface Electronics Emission Console) à bord du porte-avion USS Nimitz (CVN 68) dans les eaux du Golfe d'Arabie. Cette console électronique très sophistiquée supporta les soldats de la coalition internationale "Operation Iraqi Freedom" (OFI) qui mis fin au régime de Saddam Hussein en 2003. © Documents U.S.Navy et A.F.Link.

Que nous soyons en Chine, en Grande-Bretagne, en Australie ou aux Etats-Unis, il semble inévitable que même les ingénieurs fournissant le matériel d'écoute aux agences de renseignements sont impliqués dans la surveillance des communications des citoyens, qu'ils soient privés ou institutionnels. Mais en raison de l'ordre spécial présidentiel, les employés de la NSA savent qu'ils encourent de lourdes peines d'emprisonnement s'ils divulguent le moindre renseignement malgré la loi américaine qui leur assure la liberté d'expression et de la presse. En Grande-Bretagne comme dans toute l'Europe ai si qu'en Afrique les gouvernements resserrent les lois sur la liberté des communications et considèrent dorénavant que toute publication d'information acquise par une agence de renseignement est considérée comme un crime, même si l'information a déjà été publiée à l'étranger