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Révolution biotechnologique : la transgénèse pour produire de la soie d'araignée ?

Dossier - Biotechnologie : la soie des araignées, une fibre très performante
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La soie des araignées, souple, légère, recyclable et d'une résistance supérieure à celle de l'acier, a longtemps suscité la convoitise de l'armée américaine, celle-ci désirant l'utiliser pour fabriquer des gilets pare-balles ou des fils chirurgicaux. Mais comment produire de la soie en grande quantité alors que ces prédateurs s'entre-dévorent pour protéger leur territoire ? Si invraisemblable que cela puisse paraître, des scientifiques ont trouvé la réponse… dans les mamelles des chèvres !

  
DossiersBiotechnologie : la soie des araignées, une fibre très performante
 

La révolution biotechnologique fut lancée à la fin des années 70 quand des scientifiques trouvèrent le procédé pour adjoindre un gène au patrimoine génétique d'une bactérie, en vue de produire des quantités importantes de médicaments protéiniques. Procédant par transgénèse, certains chercheurs sont ainsi, par exemple, parvenus à faire produire de la soie d'araignée à... des vers !

Dans les années 90, les chercheurs apprirent à introduire des gènes étrangers dans des animaux de ferme, les transformant en une véritable usine pharmaceutique ! Et c'est le procédé qui a été employé pour faire produire de la soie d'araignée à des chèvres (voir page précédente de ce dossier).

La soie des araignées peuvent servir pour réaliser des gilets pare-balles. © Dmytro Kosmenko, Shutterstock

Transgénèse : des vers pour produire de la soie d'araignée

Mais, suite aux déconvenues rencontrées par la société Nexia, les chercheurs se sont tournés vers des cibles qui peuvent sembler un brin plus naturelles : les bombyx mori encore connus sous la dénomination de vers à soie.

Procédant également par transgénèse les chercheurs sont parvenus à faire produire de la soie d'araignée à des vers déjà élevés depuis bien longtemps pour leur propre soie. Et le procédé semble d'autant plus efficace qu'il permettrait même, moyennant quelques aménagement supplémentaires (des repas faits de nanotubes de carbone et de graphène, notamment), d'obtenir une soie super-résistante.

Intégrer des gènes d'araignée dans des plants de tabac ?

Malgré ces résultats encourageants, les chercheurs continuent leurs travaux dans l'espoir de trouver la solution idéale. Peut-être viendra-t-elle finalement d'une bactérie dans laquelle on aura pareillement introduit le gène d'intérêt de l'araignée. AMSilk, une PME allemande, prétend ainsi être en mesure dès aujourd'hui de produire de la soie d'araignée de manière rentable et en quantité industrielle.

Autre option également envisagée : l'intégratation des gènes d'araignée dans des plants de tabac. Produire ainsi des protéines de soie pourrait se révéler plutôt bon marché au regard de ce que peut coûter la production bactérienne notamment.