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La domestication de l'araignée, une mission impossible ?

Dossier - Biotechnologie : la soie des araignées, une fibre très performante
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La soie des araignées, souple, légère, recyclable et d'une résistance supérieure à celle de l'acier, a longtemps suscité la convoitise de l'armée américaine, celle-ci désirant l'utiliser pour fabriquer des gilets pare-balles ou des fils chirurgicaux. Mais comment produire de la soie en grande quantité alors que ces prédateurs s'entre-dévorent pour protéger leur territoire ? Si invraisemblable que cela puisse paraître, des scientifiques ont trouvé la réponse… dans les mamelles des chèvres !

  
DossiersBiotechnologie : la soie des araignées, une fibre très performante
 

Tout au long de l'histoire, différents essais pour domestiquer les araignées ont échoué misérablement. Alors que les vers à soie peuvent très bien vivre dans des habitats réalisés pour l'élevage, en se nourrissant de feuilles de mûrier, les araignées sont des prédateurs carnivores qui résistent à la socialisation.

Certaines araignées peuvent produire jusqu'à sept types de fibres différentes. © Teemu Tretjakov, Shutterstock

Des doutes quant à la faisabilité d'un élevage d'araignées sont apparues dès le XVIIIe siècle. Le scientifique français René-Antoine Ferchault de Réaumur constatait en effet alors qu'il faudrait quelque 1,3 millions de cocons d'araignées pour produire un kilogramme de soie, sachant en plus que chaque araignée devrait être élevée séparément compte tenu de son caractère territorial virant au cannibalisme.

Un essai important fut tout de même tenté au milieu des années 60 durant la guerre du Vietnam, quand des scientifiques de l'armée américaine cherchaient désespérément un nouveau matériau résistant pour protéger les soldats sur les champs de bataille. Ils souhaitaient développer une alternative au Kevlar, jugé trop lourd, pas assez flexible et conçu à partir de produits chimiques toxiques !

Après des années de recherches, ils découvrirent un groupe d'araignées, la Nephila clavipes, qui produit sept types de fibres différentes, dont une ultra-résistante. Celle-ci est conçue et stockée dans une glande sous l'araignée et prête à filer. Malgré cette découverte, il était alors toujours impossible de produire de la soie d'araignée en grandes quantités.