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Des scarabées espions grâce aux Mems

ActualitéClassé sous :technologie , zoologie , insecte

Dans les endroits risqués et dangereux, n'envoyez plus des Hommes mais des insectes ! C'est le rêve, de plus en plus accessible, imaginé par des chercheurs américains qui mettent au point de vrais insectes télécommandés, capables de produire de l'énergie pour alimenter des appareils collecteurs de données.

Ces gentils petits insectes pourraient-ils devenir des espions ? Stephen Friedt, Wikipédia, cc by sa 3.0

Envoyer des insectes en éclaireurs dans des lieux hostiles, c'est l'idée de chercheurs de l'université du Michigan qui ont présenté un système permettant de faire fonctionner des appareils électroniques grâce à l'énergie produite par l'insecte lui-même. Ainsi, il serait possible de collecter un tas de données grâce à des Mems (Micro Electro Mechanical Systems) dans des endroits que l'Homme ne voudrait pas pénétrer.

En 2007, les mêmes scientifiques avaient déjà mis au point ce qu'ils avaient appelé un cyborg beetle. Des électrodes implantées dans les muscles responsables du vol et à l'intérieur du système nerveux, mises en relation, via un contrôleur électronique et une pile lithium-ion, avec des diodes placées d'un côté ou de l'autre de l'animal, l'incitant à aller vers l'une ou l’autre direction.

Les muscles de l'aile : une source d'énergie importante

Cette fois, les chercheurs ont réalisé des expériences afin d'optimiser la récupération d'énergie issue du mouvement des ailes. L'idée est de pouvoir collecter des données grâce à des appareils électroniques placés sur le thorax d'une cétoine. Au départ du projet, les scientifiques avaient indiqué qu'ils ne voulaient pas se contenter de placer des cellules photovoltaïques sur la face dorsale de l'insecte pour alimenter les instruments, ne voulant pas être dépendants d'une éventuelle source lumineuse.

Le cyborg beetle avec toutes ses fonctionnalités : les cellules photovoltaïques, les récupérateurs d'énergie et le système de téléguidage. © Université du Michigan

Bientôt un insecte espion ?

Ainsi, ils ont ici décidé de se concentrer sur une autre source d'énergie et la plus évidente pour un insecte volant, c'est celle produite par les ailes. Mais poser un dispositif de récupération de l'énergie sur les ailes du coléoptère perturbait l'aérodynamisme et les membranes se sont avérées trop souples.

Les scientifiques se sont alors rabattus sur les muscles de l'aile. C'est donc à cet endroit que le dispositif a été inséré : de petits générateurs qui récoltent de l'énergie grâce à des récepteurs piézoélectriques. La vibration des muscles alaires est ainsi convertie en potentiel électrique. Plusieurs tests - détaillés dans Journal of Micromechanics and Microengineering - ont été réalisés afin de détecter le meilleur emplacement pour ces récepteurs, ce qui génère une puissance de 115 µW.

En combinant ce système avec d'autres appareils électriques, comme des caméras ou des micros, et au système de téléguidage mis au point en 2007, l'idée serait donc d'utiliser ces coléoptères afin d'explorer des lieux où l'Homme ne peut ou ne doit pas se rendre. Une sorte d'éclaireur ou d'espion. En cette époque post-Fukushima, on peut se permettre d'envisager qu'un tel insecte puisse relever la radioactivité d'un lieu contaminé. Ce qui ne permettra cependant pas d'éviter l'accident ou de décontaminer la zone. À quand les insectes liquidateurs ?

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