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Navigateurs GPS : ce que l'avenir nous réserve

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La technologie du GPS est en plein essor, ce n'est un secret pour personne. L'appareil que vous venez peut-être d'acheter ne ressemble plus du tout à celui qui existait il y a trois ans, et l'évolution n'est pas finie, loin de là. Allez-vous bientôt regretter votre achat ?

Le GPS du futur, vu par Tele Atlas.

Un GPS est composé de deux parties indissociables : l'appareil lui-même, qui comprend le récepteur, le calculateur et son logiciel associé, ses mémoires, son système de synthèse vocale et, bien entendu, son écran. Et d'autre part, la base de données dans laquelle sont enregistrées les cartes, les noms de rues, de villes et de lieux, et les fameux POI (Point of Interest).

L'évolution logique de ce type de matériel est donc double, et se situe aussi bien sur le plan du matériel que dans le domaine logiciel. Nous allons tenter d'entrevoir à quoi ressemblera votre prochain navigateur.

La partie logicielle

Selon toute logique, les premiers changements concerneront la cartographie, puisque vous pouvez la mettre à jour par simple téléchargement, payant ou non. Deux grands fournisseurs se partagent le marché, quelle que soit la marque de votre appareil : Tele Atlas et Navtech, Qui se font ainsi concurrence pour l'adaptation permanente de leurs données face à une réalité souvent très changeante (modifications de noms de rues, de sens de circulation, etc.).

Mais au-delà de cette évolution, les deux acteurs prévoient l'introduction de la 3D afin de mieux représenter la réalité à l'écran. Ce changement se fera par étapes, tout d'abord en modélisant les monuments ou bâtiments principaux, puis l'ensemble des rues en commençant par les villes principales. Cela n'est pas anodin, car cette nouvelle technique permettra d'introduire une nouvelle donnée, jusqu'ici cruellement absente de nos GPS (du moins des modèles non spécialisés) : la pente d'une rue ou d'un endroit. Les marcheurs ou les randonneurs à vélo me comprendront...

Le GPS du futur, vu par Google et Volkswagen.

La partie matérielle

L'évolution du matériel est en partie aisée à deviner. L'utilisation d'une telle quantité de données exigera des espaces de mémoire toujours plus étendus, ainsi que des unités de traitement de performances accrues. L'affichage de données en temps réel (encombrements, travaux, etc.), déjà disponible sur certains appareils, se généralisera. D'autres fonctions agrémenteront nos longs trajets autoroutiers, telles lecteur MP3, fonction mains-libres, diaporama (pour les passagers...) mais aussi dans un proche avenir lecteur vidéo. La commande vocale devrait aussi se répandre à l'instar de nos téléphones mobiles qui en sont de plus en plus souvent dotés.

Côté ergonomique, les écrans devraient s'agrandir tandis que l'encombrement, et surtout l'épaisseur des appareils (le fait de ne pouvoir le glisser dans une poche en quittant sa voiture est souvent considéré comme un défaut éliminatoire à l'achat) devraient suivre la même évolution, là aussi, que nos GSM. Enfin, les fautes de syntaxe et le caractère souvent trop répétitif des instructions par synthèse vocale, quelquefois franchement agaçantes, devraient progressivement s'améliorer.

Les capteurs, eux, ont déjà atteint le maximum théorique de leurs possibilités, ou presque. Ne rêvez pas, s'orienter dans un tunnel est, et restera encore longtemps impossible par définition, les ondes radio émises par les satellites étant arrêtées par les parois. Plusieurs solutions techniques existent cependant, dont celle, élégante, qui consisterait à transmettre un signal au moyen d'antennes disposées à intervalles réguliers et déduire la position du récepteur par interférométrie, mais les constructeurs préfèrent actuellement ne pas s'orienter dans cette voie et se consacrer à l'amélioration du matériel existant. Il est vrai que l'on se trompe rarement de route dans un tunnel...

Côté satellites, l'armée américaine conservera encore longtemps son monopole avec le réseau Navstar, et cela même si Galiléo se profile à l'horizon technologique, avec d'intéressantes promesses comme l'interactivité et l'échange des données entre mobiles. Malheureusement ce système accumule les retards, non pour des raisons technologiques, mais bassement politico-commerciales de la part d'acteurs qui, à force de vouloir systématiquement tirer la couverture des dollars à eux, finiront peut-être par n'en récolter que les miettes...

Un satellite Navstar du système GPS actuel. Crédit NASA.

Mais l'aspect le plus visible de nos appareils du futur viendra peut-être du type des données, toujours plus étendues, qu'ils nous permettront d'obtenir. Nombre de places restant libres dans un parking, disponibilité des chambres d'hôtel, tarifs de la prochaine station d'essence autoroutière, tout cela devrait faire partie de notre quotidien, ainsi que l'introduction systématique du GPS dans nos téléphones portables. Utopie ? Oui bien sûr, comme l'était celle des appareils photos dans nos petites boîtes à paroles...

Reste à savoir si, avec l'apparition d'un tel fourmillement d'informations à l'écran de nos navigateurs, il sera encore bien prudent de les utiliser au volant.

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