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Google expérimente des voitures sans conducteur

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À la surprise générale, Google a dévoilé les essais de plusieurs voitures entièrement automatiques qui auraient parcouru plus de 200.000 kilomètres sur route. Objectif de ce projet : faire progresser l'humanité.

La Toyota Prius automatique de l'essai réalisé pour le New York Times. L'ordinateur regarde autour de lui, jusqu'à 60 mètres, grâce à un lidar tournant installé sur le toit. Il repère les voitures et les obstacles devant lui à l'aide d'une caméra. Un senseur sur une roue motrice lui permet de suivre précisément les déplacements de la voiture, ce qui améliore la géolocalisation effectuée par un GPS. © New York Times/Ramin Rahimian, via Goopilation

Alors que les belles voitures se font admirer à Paris, au Mondial de l'automobile, Google publie un modeste communiqué sur son blog, affirmant que l'entreprise expérimente depuis plusieurs années des voitures entièrement automatiques, s'insérant dans le trafic réel. « Larry [Page] et Sergey [Brin] ont fondé Google car ils voulaient aider à résoudre les grands problèmes [de l'humanité] à l'aide de la technologie » explique le texte. Parmi les fléaux auxquels s'attaque Google, figurent désormais les accidents de la route, qui causent la mort de plus de 1,2 million de personnes par an (selon Google). De plus, des systèmes de conduite automatique permettraient de réaliser sur les routes des sortes de trains de voitures, où les véhicules rouleraient à très faibles distances les unes des autres et à une vitesse optimisée en fonction des conditions de circulation en amont.

Ces réflexions ne sont pas théoriques : l'entreprise travaillerait activement sur des systèmes de conduite automatique et les aurait expérimentés sur plusieurs voitures autour du siège de la société, à Mountain View, en Californie. Pour faire taire les sceptiques, Google a invité à bord d'une Toyota Prius un journaliste du New York Times, qui a pu constater et photographier la réalité de l'expérience. Pendant une demi-heure, la voiture a roulé sans intervention humaine sur plus de cinquante kilomètres, empruntant notamment la 101 (Highway 101), qui longe la côte californienne et traverse la Silicon Valley.

Six Prius et une Audi TT auraient été utilisées pour ces expériences. Selon Google, elles auraient parcouru plus de 225.000 kilomètres, la plupart du temps avec un conducteur reprenant les commandes par moment. En tout, 1.500 kilomètres auraient été parcourus avec l'ordinateur comme seul pilote. Pendant l'essai avec le journaliste, le conducteur a repris le contrôle en deux occasions : une première fois quand un cycliste a grillé un feu rouge puis quand une voiture, devant sur la même file, a reculé pour se garer. Mais à chaque fois, rapporte le journaliste, il a semblé que « la voiture aurait d'elle-même évité l'accident ».

GPS, laser, radars et ordinateur

Selon l'article du New York Times, Google emploie quinze ingénieurs pour développer ce projet, initié par Sebastian Thrun, ingénieur en intelligence artificielle sorti de l'université de Stanford et co-inventeur de StreetView, donc fin connaisseur des Google cars. L'entreprise précise qu'elle a embauché des participants et des vainqueurs des fameux Darpa Challenges, des compétitions mettant en lice des voitures automatiques sans personne à bord.

Sebastian Thrun lui-même, à la tête d'une équipe de Stanford, a remporté ce prix (et deux millions de dollars) en 2005, quand les véhicules devaient caracoler dans le désert. Le responsable de la partie logicielle était Mike Montemerlo. Passé chez Google, il travaille également sur les Google cars et fait partie de ce projet. Chris Urmson, qui se trouvait dans la voiture avec le journaliste du New York Times, a gagné en 2007 l'épreuve du Urban Darpa Challenge, qui se déroulait en milieu urbain. On retrouve également Anthony Levandowski, créateur de la première moto à avoir participé au Darpa Grand Challenge.

Quelques images montrent les voitures. Elles sont équipées d'un lidar (sorte de radar à laser) tournant sur le toit, qui cartographie en permanence la position des autres véhicules, de la route et des obstacles. Une caméra regarde vers l'avant et repère le trafic, les cyclistes et les piétons. Quatre petits radars détectent des obstacles proches devant, derrière et sur les côtés. Enfin, un récepteur GPS détermine la localisation de la voiture, dont la position est précisée grâce à un senseur mesurant les mouvements d'une roue motrice.

Tout cela reste expérimental, explique Google, mais offre un « coup d'œil sur ce que pourront être les transports du futur ».

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