Andrew Calabrese et son papa Jason. Cet ingénieur en informatique a fabriqué un pancréas artificiel pour son enfant à partir de plans open source. © Sandy Huffaker, Wall Street Journal

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Un enfant diabétique vit avec un pancréas artificiel fabriqué par son père

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Andrew Calabrese, un jeune garçon de neuf ans atteint d'un diabète de type 1 vit avec un pancréas artificiel fabriqué par son père à partir de plans disponibles en open source. Un dispositif connu de longue date mais dont l'homologation pourrait prendre encore plusieurs années. Plus d'une cinquantaine de personnes ont choisi de ne pas attendre. Jouent-ils avec leur sécurité ?

Aussi brillants soient-ils, les hackers doivent-ils rendre publics les codes sources et guides de fabrication de dispositifs médicaux qui peuvent s'avérer dangereux s'ils sont mal implémentés ou défectueux ? La question se pose à la lecture de cet article du Wall Street Journal, qui raconte qu'un enfant de 9 ans, victime d'un diabète de type 1, est désormais équipé d'un « pancréas artificiel » créé par son père à partir de plans open source. Le dispositif n'a pas été approuvé par les autorités sanitaires mais elles sont impuissantes puisqu'il s'agit d'une fabrication maison et non d'un appareil mis en vente.

415 millions de personnes dans le monde souffrent de cette maladie (source : Fédération internationale du diabète). Parmi elles, 10 % sont atteintes d'un diabète de type 1. Leur pancréas déficient régule mal la glycémie (le taux de sucre dans le sang) car il ne sécrète pas assez d'insuline, l'hormone qui provoque le stockage du glucose par les cellules de l'organisme. Avec une autre hormone (le glucagon, à l'effet inverse), elle fait partie du délicat système qui régule la glycémie. Un excès de sucre est dangereux à terme, et un déficit peut engendrer un coma.

Les pancréas artificiels fonctionnent en combinant une pompe à insuline et un capteur de taux de glucose, en temps réel et en suivant des algorithmes précis. Le tout étant relié à une batterie pour assurer leur autonomie. Mais en cas de défaillance de la pompe ou du capteur, les conséquences peuvent être dramatiques.

Le pancréas artificiel a été fabriqué à partir d’un micro-ordinateur Edison d’Intel. Il contrôle un capteur de taux de glucose et une pompe à insuline qui est pilotée par des algorithmes. © Sandy Huffaker, Wall Street Journal

Les pancréas artificiels restent expérimentaux

Actuellement, il n'existe pas de pancréas artificiel vendu sur le marché, faute d'homologation. Mais Jason Calabrese, 41 ans et ingénieur en informatique, fait partie d'une cinquantaine de personnes qui ont décidé de faire confiance au projet OpenAPS. Débuté en 2014, il permet à tout un chacun de construire un pancréas artificiel pour eux ou pour leurs enfants, grâce aux instructions et aux logiciels open source. Seule contrainte : il faut assembler le système tout seul, et donc assumer seul les risques.

À 9 ans, le fils malade de Jason Calabrese se rend ainsi tous les jours à l'école avec son pancréas artificiel dans le sac, « de la taille d'une trousse de rangement pour casque audio », bricolé par son père. Ce dernier affirme avoir testé le dispositif pendant des semaines le soir ou le week-end avant d'oser en équiper en permanence son enfant. Quant aux éventuels risques, il explique qu'ils sont un moindre mal. « Le diabète est dangereux de toute façon. L'insuline est dangereuse. Je pense que ce que nous faisons permet d'améliorer les choses et de réduire les risques », explique-t-il. Le médecin de son fils lui aurait donné le feu vert.

Mis à disposition des familles du monde entier, OpenAPS découle lui-même d'un projet open source antérieur par lequel des soignants ont développé un logiciel open source pour surveiller à distance les niveaux de sucre dans le sang. Tant que personne ne distribue ou ne commercialise cet équipement, l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) ne peut pas en interdire l'utilisation ni imposer des règles aux médecins et leurs patients.

Difficile toutefois de ne pas s'inquiéter. La technologie de ces pancréas artificiels n'a pas été soumise aux essais rigoureux imposés pour un produit médical. L'une des meilleures solutions serait d'intégrer un algorithme capable d'optimiser les doses d'insuline injectées en traitant les données de glycémie générées à intervalles courts et réguliers par des capteurs sous la peau.

Des entreprises médicales sont déjà impliquées dans les recherches autour des pancréas artificiels. Medtronic PLC a ainsi achevé un essai en mars pour son dispositif, appelé le MiniMed 670G, que l'entreprise planifie de soumettre aux tests de certifications réglementaires pour approbation réglementaire en juin. Johnson & Johnson compte aussi mener un essai clinique cette année pour son prototype. Une fois commercialisées, ces machines seront probablement certifiées sans risque. Reste à savoir si les patients seront prêts à attendre encore quelques années et à en payer le prix, encore inconnu.

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