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En vidéo : Yeti sécurise les convois scientifiques aux pôles

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Les dangers en Arctique et en Antarctique peuvent se cacher sous la glace. Un robot nommé Yeti a été développé pour les débusquer, et ainsi sécuriser les explorations scientifiques. Il suit des tracés programmés tout en traînant un radar à pénétration de sol. La position des crevasses est ensuite transmise au convoi. 

Yeti a été photographié en avril 2012 au Groenland devant l'engin qu'il est amené à remplacer. Ils servent tous deux à détecter la présence de crevasses sous la glace, mais le robot à l'avantage d'être autoguidé. La recherche humaine de crevasses est particulièrement stressante pour les équipages. © James Lever, U.S. Army's Cold Regions Research and Engineering Laboratory

Les expéditions scientifiques menées en Arctique ou en Antarctique ne sont pas de tout repos. Les Hommes qui y participent évoluent en effet dans un milieu qui leur est hostile non seulement en raison des températures négatives rencontrées, mais aussi suite à l'existence de nombreux dangers rendus invisibles par la neige ou la glace. L'un d'entre eux a déjà causé plusieurs pertes humaines et de nombreux dégâts matériels : il s'agit des crevasses. 

Ces ouvertures naturelles causées par les mouvements des glaciers peuvent parfois atteindre plusieurs mètres de large et de profondeur. Des crevasses de plus de 9 m de large ne sont ainsi pas rares aux pôles, pour des profondeurs atteignant une soixantaine de mètres. Les failles visibles sont inoffensives, car elles peuvent être repérées. En revanche, les crevasses fermées posent plus de problèmes. Elles ont en effet été recouvertes par des chutes de neige qui ont donné naissance à des voûtes. Or, elles peuvent s'effondrer sous le poids d'un Homme ou d'un engin. 

Le robot Yeti explore les pentes du mont Erebus pour cartographier un réseau de grottes. Il utilise pour ce faire un radar à pénétration de sol qu'il traîne sur un coussin d'air. © Poliepete1, YouTube

Pour éviter tout accident, les convois scientifiques sont généralement précédés par un véhicule poussant un radar à pénétration de sol. Autant dire tout de suite que la fonction de l'équipage se veut particulièrement stressante. Heureusement pour ces Hommes, Yeti pourrait bientôt leur faciliter la vie. Il ne s'agit pas d'un grand primate fantomatique au pelage blanc, mais bien d'un petit robot autoguidé tractant un radar à pénétration de sol. Après plusieurs années d'essais et d'améliorations, l'engin a fait ses preuves. 

Yeti, un robot des neiges doté de capacités d’apprentissage

Le Yeti mesure environ un mètre de côté, est équipé de quatre roues et fonctionne jusqu'à -30 °C grâce à des batteries. L'engin de 81 kg est prévu pour aller seul reconnaître un tracé programmé dans sa mémoire par les scientifiques. Il s'oriente grâce à un GPS et utilise ce même instrument pour noter la position de tous les dangers rencontrés durant ses périples. Cette cartographie permet alors aux explorateurs de choisir l'itinéraire le plus judicieux pour le bien de tous. 

Le projet a également été mis à profit pour améliorer les capacités d'apprentissage des robots. Yeti peut en effet utiliser les données recueillies pour choisir son propre itinéraire, et ainsi éviter de repasser sur des zones qui pourraient l'engloutir. Sa conception et les résultats de tests de terrain ont été présentés dans le Journal of Field Robotics par ses inventeurs de l'US Army's Cold Regions Research and Engineering Laboratory (CRREL), de la Thayer School of Engineering (Dartmouth) et de l'université de Stanford. 

Autoroute du pôle Sud sécurisée

Les tests, tous concluants, ont à la fois été menés en Antarctique et en Arctique. Yeti a notamment été utilisé en avril 2012 au Groenland pour trouver une route sécurisée entre Thulé et la station Summit Camp, qui culmine à 3.216 m. De l'autre côté du globe, le robot a été employé pour sécuriser l'autoroute du pôle Sud qui relie les stations de recherche McMurdo et Amundsen-Scott, distantes de 1.600 km. 

Yeti présente un potentiel bien plus grand que celui exploité pour le moment. Il pourrait en effet embarquer d'autres instruments à la place de son radar, et ainsi être utilisé pour étudier différents paramètres environnementaux. Il ne s'agit pas de remplacer les chercheurs, mais bien de leur permettre de travailler à de plus grandes échelles spatiales et temporelles. Par ailleurs, il a déjà été utilisé pour cartographier un réseau de grottes existant dans les glaces qui recouvrent le volcan actif le plus au sud de la planète, le mont Erebus.

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