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Le ras-le-bol d'Internet inquiète les géants de l'informatique

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Noyés sous le spam, pollués par les adwares et inondés de virus, certains internautes débranchent tout. Fini Internet, la mode est désormais au PC hors-ligne. Ce ras-le-bol serait même très tendance. Tellement que l'industrie de l'informatique se demande si cela ne risque pas d'avoir un impact sur ses ventes. Face à une telle perspective Dell, Microsoft et les autres semblent décidés à agir. Enfin.

Le ras-le-bol d'Internet inquiète les géants de l'informatique

Le ras-le-bol est tendance. Ras-le-bol d'internet et de ses nuisances. Comme beaucoup de modes, celle-ci nous vient des Etats-Unis. Là-bas, même si les ventes d'accès Internet à haut débit continuent de flamber, les analystes ont identifié un frémissement bien étrange : quelques irréductibles annulent leurs abonnement ADSL. Ils disent se contenter d'une connexion bas débit occasionnelle, et encore. Leur ordinateur redevient alors l'îlot isolé qu'il était jadis, tout dévoué aux courriers (papiers) et aux jeux vidéo (hors ligne).

Et ce n'est pas qu'une impression : une étude récente indique que 31% des consommateurs sur Internet reconnaissent freiner leurs achats à cause des multiples nuisances qu'ils rencontrent, au premier rang desquelles figurent le spam et les adwares, ces logiciels publicitaires sauvages. Pire : l'an dernier l'infection par un spyware était la première cause d'appel au centre de support de Dell. Ils ont donc coûté cher au premier fabricant de PC mondial. Et selon la légende, enfin, Bill Gates lui-même aurait trouvé cette année des spywares sur son ordinateur personnel, ce qui ne l'aurait pas amusé du tout.

Plusieurs de nos confrères américains ont bien senti la tendance et sont allés interroger quelques uns de ces déçus. Leur discours est édifiant : boîtes aux lettres inutilisables car noyées sous le spam, plantages à répétition et publicités pornographiques incontrôlables (la marque de fabrique de certains adwares) sont devenus leur quotidien. Voilà pourquoi ont-ils décidé de jeter l'éponge.

De l'aveu même du président de Dell, les géants de l'informatique ont peur de cette micro-tendance. Peur que ces quelques avant-gardistes soient les mêmes que ceux qui ont entraîné avec eux la masse consommatrice dans la danse d'Internet il y a dix ans. Et surtout peur qu'ils ne repartent avec elle.

Alors ils montent au créneau : Microsoft en fourbissant son propre anti-spyware, AOL en fournissant à ses abonnés des outils de sécurité et une grande campagne d'information, à l'image d'ailleurs d'à peu près tous les fournisseurs d'accès.

Et ce ne sont là que que quelques exemples faciles. Microsoft suit par ailleurs le chemin qu'on lui connaît sur la voie de la rédemption sécuritaire, tandis que les acteurs de la sécurité se mangent cordialement entre eux pour mieux vous servir, que les gouvernements tentent de garder la face en votant des lois anti-spam et que les grandes entreprises les aident bien volontiers en poursuivant en justice les spammeurs et les auteurs de virus.

Certes, le réveil est encore loin d'apporter les résultats attendus par les déçus d'Internet. Mais la machine semble définitivement en marche. Il aura fallu pour cela que nous subissions l'an dernier les grandes épidémies virales causées par une poignée d'auteurs de virus, l'explosion du business du spam et ses milliards de courriers poubelle, et pour finir les horribles publicités incessantes des adwares. Sans parler bien sûr des multiples escroqueries par phishing et autres arnaques.

Mais nous y sommes enfin arrivés : Internet est bel est bien inutilisable, et c'est précisément ce qu'il fallait pour affoler les grands acteurs de l'industrie. Comme le résume à merveille l'analyste Forrester Research : 2004 a marqué un véritable tournant dans le ras-le-bol des nuisances d'Internet.

On serait tenté d'ajouter : tant mieux.

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