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Katrina : cyclone sur l'internet

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Cherchez "New Orleans" sur Google Maps : à côté des résultats habituels (une carte, une photo satellite et un mixte des deux), vous obtenez un bouton rouge "Katrina" qui affiche une photo satellite de la ville inondée.

L'ouragan Katrina en approche de la Louisiane le 28/08/2005

Une "carte des inondations" basée sur Google Maps permet, en cliquant sur un point de la carte, d'estimer la hauteur de l'eau à cet endroit. Un grand nombre de sites adapte ainsi les fonds de carte et les images de Google, ou d'autres fournisseurs, pour proposer des vues synthétiques, des analyses, des cartes, de la situation. Sur Scipionus, par exemple, des utilisateurs ajoutent des informations à des coordonnées géographiques : ils disent à leurs proches s'ils vont bien et où ils se trouvent, ils décrivent l'état d'un croisement ou d'une jetée, ils décrivent des dégâts...

Google Earth propose également de télécharger des ensembles d'image satellite à haute résolution à appliquer sur son modèle géographique.

Plus significatif, comme l'explique dans quelques longs billets l'écrivain Katryn Cramer, des milliers d'Américains se sont mis à marier photos de presse, photos satellite, photos amateur postées sur Flickr, cartes géographiques classiques et cartes 3D à la Google Earth, pour, les uns, tenter de savoir si leur maison subsiste encore, les autres, comprendre ce qu'il s'est passé à tel endroit de la ville. Le "tag" (ici, mot-clé) Katrina est ainsi l'un des plus utilisés sur le site de partage de photos Flickr - quoique pas toujours à bon escient.

Les blogs sont bien sûr actifs depuis le début de la catastrophe : blogs - parfois terribles - de victimes, de personnes déplacées, de personnes à la recherche de leurs proches, d'analyse, de soutien... Pourtant, contrairement à ce qu'affirme Libération, qui cite de manière erronée le décompte de TruthLaidBear pour estimer à près de 1200 le nombre de "blogs sur l'ouragan et ses ravages", on a le sentiment que sur un événement d'une telle ampleur, la blogosphère n'est pas - ou a cessé d'être, passés les premiers jours pendant lesquels il fallait bien compenser la défaillance des institutions - en première ligne. Technorati recense certes 205 000 billets sur le sujet, mais il peut aussi bien s'agir d'un billet parmi d'autres sur un blog consacré à tout autre chose. Tout se passe comme si, dès lors que les choses deviennent si grave, on préférait s'en remettre aux organisations, aux pouvoirs en place et aux médias (tel que le Times Picayune, qui héberge aussi forums, blogs, système de recherche de personnes, in memoriam, etc.) - quitte, bien sur, à les vouer aux gémonies s'ils se montrent inefficaces. Certains blogs, tels NewOrleansRefugees, ont ainsi décidé de fermer dès lors que les "professionnels", tels que la Croix Rouge et les médias, se mobilisaient pour aider les sinistrés à rechercher leur famille dispersée.

Jean-Pierre Cloutier s'interroge cependant sur la place que les blogs pourraient tenir demain dans la gestion des crises. Et relève le projet "Recovery 2.0" de Jeff Jarvis, qui consiste à utiliser le "Web 2.0", celui des blogs et des réseaux sociaux, au service d'une capacité de réaction collective, rapide et efficace devant les catastrophes : "Soyons honnête, le Web n'était pas prêt à faire face à un désastre de l'ampleur de Katrina", reconnaît Jarvis en introduction. Faciliter la recherche des disparus en coordonnant les différents sites grâce à des standards de description de personnes ; utiliser les "tags" et les flux RSS pour rassembler et organiser les informations émises par une multitude de sources ; organiser les offres d'hébergement des déplacés grâce à des sites tels que celui que propose MoveOn ; restaurer la connectivité grâce à des réseaux sans fil et des connexions téléphoniques grâce à Skype... sont quelques-unes des propositions émises par Jarvis. Le projet prend forme et ceux qu'il intéresse se rencontreront à San Francisco en octobre.

En revanche, la blogosphère n'a pas perdu son mordant dans sa capacité d'analyser le traitement de l'information par les médias. Jean-Pierre Cloutier, encore, rend ainsi compte de la controverse montante sur le traitement racial de l'information par les médias : "Dans le chaos qui sévit à la Nouvelle Orléans, les blancs «trouvent» de la nourriture, alors que les noirs «pillent» des marchés d'alimentation".

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