Avec l'impression 3D, il est possible de produire des pièces détachées et ainsi lutter contre l'obsolescence programmée. © 22091967, Adobe Stock
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Marklix, la place de marché des pièces détachées imprimées en 3D

ActualitéClassé sous :impression 3D , pièces détachées , obsolescence programmée

L'impression 3D s'impose de plus en plus comme une alternative écologique et économique pour les pièces détachées, comme le propose la place de marché Marklix.

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[EN VIDÉO] Une nouvelle résine d’impression 3D ultrarésistante et flexible  L’impression 3D est une technologie assez récente qui fait chaque jour de nouveaux progrès. L'entreprise Formlabs a ainsi développé un nouveau type de résine ultrarésistante. Aussi solide que l’ABS, elle est capable de résister à de fortes contraintes mécaniques, comme on peut le voir durant cette vidéo. 

Alors que 81 % des Français ont une image positive de la réparation des objets du quotidien, ils ne sont qu'un sur trois à passer à l'acte alors qu'un sur deux préfère remplacer purement et simplement le produit. En cause, le coût de la réparation par rapport au prix du produit neuf, les délais de réparation, l'absence d'informations et le manque de visibilité des réparateurs. Pour lutter contre cette problématique majeure et plus globalement l’obsolescence programmée, Pierre-Jacques Lyon s'est associé avec Thomas Boullier pour fonder Marklix, une plateforme d'intermédiation entre prestataires d'impression 3D et clients pour produire des pièces détachées.

Une marketplace pour les professionnels

Marklix a été créée à partir de la contraction de Market, Library et Exchange. « Si au départ cette place de marché des pièces détachées était destinée à tous, particuliers comme réparateurs et constructeurs, nous sommes en train de réorienter notre modèle vers une offre destinée avant tout aux professionnels de la réparation mais aussi les industriels pour la production de pièces nécessaires à l'élaboration de leur produit », précise Pierre-Jacques Lyon. Jusqu'à présent 51 % des fabricants déclaraient ne pas intégrer l'impression 3D par manque de connaissances dans cette nouvelle technologie et 59 % à cause du coût d'acquisition de l'équipement. La fabrication additive a pourtant de nombreuses vertus, que ce soit en matière de coût, de fiabilité et d'agilité de production.

Pierre-Jacques Lyon et Thomas Boullier, les fondateurs de Marklix. © Marklik SAS

Les atouts de l’intelligence artificielle et de la blockchain

La pertinence de l'offre de Marklix repose d'abord sur l’intelligence artificielle. Un algorithme a été spécialement conçu pour détecter les défauts de conception, calculer les coûts de fabrication et choisir les matériaux et technologies d'impression les mieux adaptés au bon fonctionnement de la pièce. Les fichiers 3D envoyés sont ensuite protégés par une blockchain privée pour pallier les éventuels problèmes de fuite de propriété intellectuelle et de gestion de la responsabilité en cas d'accident ou de casse. Marklix s'appuie aussi sur un réseau de professionnels de la fabrication additive, équipés de machines industrielles. La grande majorité des pièces sont produites par frittage sélectif par laser (SLS) en PA12 sur des imprimantes EOS ou HP en Multi-Jet, voire par dépôt de fil (FDM) et exceptionnellement par stéréolithographie (SLA).

Imprimeurs 3D comme fabricants sont gagnants

Côté fournisseurs de services (imprimeurs 3D et makers), le service gratuit et sans engagement, à condition de produire des pièces de qualité et de les expédier. Selon Pierre-Jacques Lyon, « ils ne sont pas si nombreux en France à pouvoir produire des pièces en 3D de qualité industrielle, car la démocratisation des imprimantes 3D, aussi intéressante soit-elle, s'appuie sur du matériel plutôt bas de gamme ». La mise en relation est ensuite directe avec les fabricants via la marketplace. Ils peuvent ainsi bénéficier de stocks digitaux et d'une production à la demande. L'avantage est considérable, quand on sait qu'une simple gamme d'aspirateurs high-tech compte plus de 10.000 pièces d'assemblage. Cela permet de réaliser de substantielles économies sur les stocks, ne pas investir dans des machines spécifiques ou d'immobiliser la chaîne de production dans l'attente d'une pièce.

Un changement de paradigme en cours

Même si elle existe depuis de nombreuses années, l'impression 3D peine à intégrer les processus industriels. « Le problème ne tient pas tant de la technologie elle-même que du changement de paradigme qu'il implique. Cela nécessite vraiment en plus du personnel compétent, des équipes dédiées », souligne Pierre-Jacques Lyon. Certains industriels comme Seb ou Renault s'y mettent progressivement, convaincus des intérêts économiques, écologiques et du développement de l’économie locale. Le cadre législatif évolue aussi d'ailleurs dans ce sens. L'amendement CD1308 de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire oblige notamment désormais le fabricant d'un bien « à mettre à disposition des vendeurs ou réparateurs les plans de fabrication par imprimante 3D des pièces détachées nécessaires à son fonctionnement ».

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