Suite aux mesures prises par la Chine pour bannir le minage de cryptomonnaies, les États-Unis ont connu une progression de 428 % des activités de minage.

Durant de nombreuses années, la Chine a été le n° 1 mondial incontesté en matièrematière de fermes de serveurs dédiées au minage de cryptomonnaies. Une étude publiée par des chercheurs de Cambridge University, et rendue publique le 13 octobre fait apparaître un retournement complet de situation.

Les États-Unis ont détrôné la Chine et leur activité de minage a connu une croissance de 428 % en une année. Inversement, la Chine qui trustait 67 % du marché il y a un an a vu sa part chuter vers zéro.

La raison essentielle de ce nouvel état des lieux réside dans les mesures prises par Pékin au printemps dernier en vue de bannir le minage de son territoire, une décision à effet immédiat. Les raisons sont multiples. D'une part, à elle seule, l'activité de « minage » était en mesure de compromettre les engagements climatiques pris par la Chine. D'autre part, le pouvoir qui œuvre sur sa propre monnaie digitale officielle a pu être tenté de mettre un coup d'arrêt à une activité qui échappait à son contrôle. Les mineurs ont donc été sommés de déménager sans attendre.

Les fermes de minage dédiées aux cryptomonnaies se sont tournées vers les États-Unis. © brudertack69, Adobe Stock
Les fermes de minage dédiées aux cryptomonnaies se sont tournées vers les États-Unis. © brudertack69, Adobe Stock

Les États-Unis, terre d'accueil pour les fermes de minage

Par la force des choses, les fermes de minage ont cherché leur bonheur ailleurs et il s'est avéré que les États-Unis étaient une terre d'accueil parfaite. À titre d'exemple, le coût de l'électricité est devenu l'un des moins chers du monde au Texas, un État qui a opéré une forte mutation « verte » - 20 % de son énergieénergie vient de l'éolien. De plus, le Texas affiche une politique ouvertement pro-cryptomonnaie. L'état de New York est un champion de la production hydro-électrique, sans oublier quelques centrales nucléairescentrales nucléaires. Washington revendique également une forte implantation de l'hydro-électrique.

Pour les mineurs, cette relocalisation dans de tels États n'a donc que du bon. En premier lieu, elle réduit les coûts de consommation électrique. De plus, elle permet de répondre aux nombreux détracteurs qui ont reproché au Bitcoin ses dégâts sur l'environnement.

Une autre raison de l'attrait pour les États-Unis vient de ce que ce pays s'est fortement préparé à l'accueil des mineurs avec d'énormes investissements dans des infrastructures ad hoc, dès le début 2020. Il a donc été possible d'accueillir aisément des structures comme Antpool / Bitmain qui opéraient auparavant en Chine.

À présent, selon l'étude de Cambridge University, le classement des pays en minage à la fin 2021 s'établit ainsi :

  1. États-Unis : 35,4 %
  2. Kazakhstan : 18,1 %
  3. Russie : 11 %
  4. Canada : 9,55 %
  5. Irlande : 4,68 %
  6. Malaisie : 4,59 %
  7. Allemagne : 4,48 %
  8. Iran : 3,11 %
  9. Norvège : 0,58 %

La place du Kazakhstan en deuxième position pourrait être menacée à terme, le gouvernement ayant voté des taxes supplémentaires pour les mineurs à partir de 2022. Qui plus est, la forte présence de mines de charboncharbon dans ce pays a pu contribuer à la mauvaise réputation du Bitcoin sur le plan écologique.