Parmi les compositeurs qui ont cherché à établir des correspondances entre musique et couleurscouleurs, il faut citer principalement Alexandre Scriabine (1873-1915), Arnold Schoenberg (1874-1951) et OlivierOlivier Messiaen (1908-1992).

Quels sont les rapports sons et musique ? © OpenClipart-Vectors - Domaine public

Quels sont les rapports sons et musique ? © OpenClipart-Vectors - Domaine public
Correspondances entre sons et couleurs proposées par le compositeur Scriabine selon un cycle de quintes. © DR

Correspondances entre sons et couleurs proposées par le compositeur Scriabine selon un cycle de quintes. © DR

Scriabine avait ce don de synopsiesynopsie qui lui permettait d'associer une couleur à chaque note. Sur la partitionpartition de son poème symphonique Prométhée, ce grand compositeur a indiqué sur une portée « Luce » (LumièreLumière) les couleurs qui doivent être projetées en phase avec la musique. Lors de la création de l'œuvre en 1915 au Carnegie Hall, un clavierclavier à couleur, appelé chromola, fabriqué spécialement pour l'occasion par Preston Millar, un ingénieur des laboratoires Bell permettait de projeter des couleurs sur un écran. À chaque touche du clavier correspond une couleur.

Dans son opéra La Main heureuse, Schoenberg avait également prévu des projections colorées accompagnant la représentation de cette œuvre. 

Olivier Messiaen (1908-1992). © Dan Strange licence Creative Commons

 
Olivier Messiaen (1908-1992). © Dan Strange licence Creative Commons

Olivier Messiaen est certainement le musicien qui a le plus approfondi les rapports sons-couleurs en musique. Il n'avait pas le don de synopsie et c'est dans son intellect que se situait sa faculté de voir intérieurement des couleurs lorsqu'il entendait de la musique ou lorsqu'il lisait une partition en l'entendant intérieurement. Pour lui, « La musique est un perpétuel dialogue entre l'espace et le temps, entre le son et la couleur, dialogue qui aboutit à une unification : le temps est un espace, le son est une couleur, l'espace est un complexe de temps superposés, les complexes de sons existent simultanément comme les complexes de couleurs ».