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Réacteurs de troisième génération

Dossier - Centrale nucléaire, présent et avenir
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Vingt-cinq ans après l'accident de Tchernobyl, assurément, la question du nucléaire divise toujours autant… Mais dans les faits, la filière, souvent décriée, a de nouveau le vent en poupe.

  
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Ce ne sont pas moins de 19 centrales qui arriveront en fin de vie entre 2020 et 2030. Les réacteurs dits de troisième génération prendront alors la relève, du moins partiellement. Les EPR, fruits d'un programme de recherche et développement (R&D) franco-allemand, font partie de ces nouveaux réacteurs. 

Infographie expliquant le fonctionnement d'un réacteur EPR. © ide.fr

D'une puissance électrique de l'ordre de 1,6 GWe, les EPR s'inspirent des réacteurs N4 français et Konvoi allemands. Le premier de ces réacteurs est déjà en construction en Finlande. Le site de Flamanville (Manche) accueille le premier EPR français (encore en construction), pionnier d'une éventuelle série.

Les caractéristiques des EPR

Ce passage de la deuxième à la troisième génération représente-t-il une vraie rupture technologique ? « Pas vraiment ! L'EPR est du même type que les centrales actuelles. Il s'agit d'un réacteur à eau pressurisée, utilisant l'énergie dégagée par la fission des noyaux d'uranium 235. Il y a, ceci dit, beaucoup d'améliorations, notamment au niveau de la sécurité », explique Sylvain David.

Construits sur un socle en béton de six mètres d'épaisseur et protégés par une double enceinte, elle aussi en béton, les EPR résisteraient, d'après les constructeurs, à un fort séisme ou à la chute d'un avion militaire. De plus, ces centrales disposeront de quatre systèmes indépendants pour assurer le refroidissement d'urgence du cœur. Les calculs de sûreté montrent que la probabilité pour qu'un accident majeur conduise à un rejet significatif de radioactivité dans l'atmosphère est dix fois plus faible avec les EPR qu'avec les réacteurs actuels. Par ailleurs, comparés à ces derniers, les EPR consommeront 17 % de combustible en moins et réduiront de 15 % la production de déchets radioactifs à vie longue.

Néanmoins, tous ces réacteurs ne consomment que l'uranium 235, qui représente à peine 0,7 % de l'élément chimique uranium, l'essentiel étant constitué par l'isotope 238, non fissile. Or, si le nucléaire civil se développe de façon importante dans le monde, se posera très crûment le problème des ressources en uranium. « Si la filière nucléaire reste au même niveau de développement qu'aujourd'hui, il y a des réserves d'uranium pour environ trois cents ans. Évidemment, si la demande en énergie nucléaire décuple, cela ne nous donne plus que quelques décennies », analyse Sylvain David. La solution viendrait alors de la quatrième génération de réacteurs, qui contrairement aux antérieures, utilisera tout le combustible nucléaire.

Par Sebastián Escalón