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Le choix d'un mentor

Dossier - Pas de recherche... sans chercheurs !
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La vie de chercheur ressemble à la recherche. Une suite de questions. Bien souvent, ceux qui s'y lancent y pensent depuis longtemps. Cela peut s'appeler une vocation. Cela ressemble en tout cas à une passion.

  
DossiersPas de recherche... sans chercheurs !
 
  • Shu-Wang Qiao, immunologiste, doctorante à l'hôpital universitaire d'Oslo(Norvège).
"Une bonne relation superviseur-étudiant vous incite à travailler avec plaisir et constitue un des facteurs les plus importants de réussite d'une thèse. Ce rapport "maître-élève" évolue graduellement vers un dialogue entre scientifiques qui discutent des résultats d'un projet à l'intérêt partagé. C'est une progression essentielle pour le processus de maturation intellectuelle qui est indispensable pour faire de quelqu'un un scientifique valable et indépendant.
  • Rami Olavi Vainio, assistant en sciences physiques à l'Université de Turku (Finlande).
"J'ai toujours eu des relations très actives avec mes mentors, au sens ou j'essayais (et je me suis sans doute organisé pour cela) de contribuer au choix des problèmes cernés. En ce sens, il ne s'agissait pas d'une relation maître-élève. C'est probablement assez typique des jeunes chercheurs même si certains trouvent plus confortable, en début de parcours tout au moins, qu'un senior prenne les décisions importantes à leur place."
  • Alexandre Urani, responsable d'un projet de recherche à l'Institut central de santé mentale de Mannheim (Allemagne).
"Il existe partout de mauvais directeurs de thèse et de meilleurs, des directeurs qui utilisent les résultats de leurs thésards pour leur propre compte et d'autres qui sont honnêtes. J'ajouterai que leurs capacités de management sont malheureusement très rares. Le management n'est pas inné et on comprend bien qu'une personne, en plus d'être compétente dans son domaine, n'excelle pas en tout, par exemple dans la gestion de ressources humaines. C'est pourquoi une association de chercheurs comme Eurodoc propose que soient imposées des notions de base, sur ce plan, à tous ceux qui seront appelés à diriger des thèses."
  • Véronique Boitsvert, physicienne, post-doctorante au CERN (Genève - Suisse).
"Si la relation avec son directeur de recherche passe mal, je crois que cela peut être un élément déterminant pour qu'un étudiant arrête son doctorat ou décide de quitter le milieu académique ou de la recherche après l'avoir terminé. Il me semble que la relation maître-élève est encore très forte dans le monde universitaire. Elle est moins visible dans le milieu de la recherche".
  • Florian Berberich, physicien, post-doctorant à l'ESRF (Grenoble - France).
"Au cours d'une thèse, on apprend à organiser un thème de recherche et à trouver d'autres questions. On n'est pas encore indépendant et on est influencé par ses tuteurs. Au cours d'un post-doctorat, on a encore un maître de recherche, avec lequel on discute et qui vous aide, au départ, à contacter des gens, mais on est totalement libre de sa recherche. On n'est plus un élève. On prend des initiatives."
  • Marco Albani, docteur en sciences forestières, post-doctorant à l'université de Harvard (Etats Unis).
"Je dois beaucoup à mes superviseurs en termes d'apprentissage et de compréhension, mais j'ai toujours été très actif et j'ai fait parfois des choix très indépendants. Je préfère parler de mentor plutôt que de maître."
  • Frances Coughlan, doctorante en engineering à l'Université de Limerick (Irlande).
"Personnellement mon directeur de thèse ne joue pas un rôle déterminant dans mon travail. Il est chef de département, et donc très occupé. J'ai entendu des plaintes de certains de mes collègues sur le fait que les supervisions ne sont pas aussi intenses qu'auparavant, de sorte que la relation maître-élève s'affaiblit. Cela dépend néanmoins des situations, du temps dont disposent les superviseurs, et de leur intérêt dans le projet."