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Quand la technologie se fait belle à fleur de peau

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Le tatouage est un art et un langage corporel qui existe depuis la nuit des temps. Par la simple injection de pigments d'encre sous la peau, de véritables formes d'art peuvent émerger à la surface de votre corps. Que ce soit par simple décoration, ou bien pour démontrer notre appartenance à un clan, celui-ci parle sans même utiliser la parole.

Un tatouage

Cependant, deux scientifiques américains, Gerard Cote du Texas A&M University et Michael Pishko du Penn State University ont bien l'intention de faire parler ceux-ci dans un cadre beaucoup plus utilitaire : ils sont en train de mettre au point un tatou « intelligent ». En effet, une fois que celui-ci sera mis au point, il pourra permettre à des millions de diabétiques de suivre continuellement leur taux de glucose sanguin sans avoir à subir les traditionnelles méthodes qui sont pour la plupart très désagréables. La plupart des diabétiques doivent malheureusement subir le calvaire de se piquer plusieurs fois par jour les doigts afin d'y extraire un peu de sang pour déterminer leur taux de glucose sanguin.

Le matériel utilisée un polymère : des billes de polyéthylène glycol enduites de molécules fluorescente. Dans le cas de véritables tatous, les pigments d'encre injectés dans la peau s'infiltrent à l'intérieur des cellules, ce qui fait qu'ils sont si difficiles à enlever et effacer de la surface de la peau. Le mécanisme d'action de ce tatou intelligent est fort simple : les molécules fluorescentes sont déplacées lorsque le taux de glucose diminue, rendant ainsi la zone de peau tatouée fluorescente. Ainsi, le taux de fluorescence de ces molécules pourrait être mesuré avec de petits appareils dissimulés dans des objets de tous les jours tel une simple montre. Ce qui permettrait d'obtenir une mesure exacte du taux de glucose dans le sang.

Ces particules sont juste assez grandes pour ne pas s'infiltrer à l'intérieur des cellules, tout en demeurant dans le liquide interstitiel entourant celles-ci. Ce qui est très important, comme le mentionnait le Dr Coté au BBC News World Edition, car le taux de glucose dans ce liquide interstitiel est directement relié au taux de glucose dans le sang. Une fois dans la cellule, le glucose est transformé pour les besoins énergétiques de notre corps, ce qui donnerait des valeurs erronées. Les premiers essais préliminaires sur des rats sont très encourageants, ce qui laisse présager que cette technologie pourrait être disponible sous peu.

L'art et la science n'ont pas toujours su faire bon ménage. Il n'est pas rare de voir les artistes blâmer la rigueur scientifique et les scientifiques blâmer la désinvolture des artistes. Cependant, lorsque ces deux énergies créatrices décident de se combiner, de nouvelles technologies peuvent en émerger et ainsi améliorer notre qualité de vie et ce même à fleur de peau...

Par Daniel Picard - Futura-Sciences Québec

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