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La vie encore plus belle après une extinction massive

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Sonnée par la disparition de 95 % des espèces animales et végétales à la fin de l'ère primaire, la vie est repartie de plus belle. Les écosystèmes marins auraient même gagné en complexité, avec une faune mobile plus abondante.

Fixés sur le fond, juste capables de se décrocher en cas de danger pour s'éloigner de quelques dizaines de centimètres, les lis de mer pullulaient dans les océans de l'ère primaire. Mais quand la vie s'est reconstruite après la grande catastrophe, ils n'o

Par cinq fois au moins durant les cinq cents derniers millions d'années, la vie terrestre a été secouée par une catastrophe majeure, provoquant la disparition relativement rapide de la majorité des espèces végétales et animales. La pire de toutes fut sans doute celle qui survint il y a 250 millions d'années. Marquant la limite entre l'ère primaire (ou paléozoïque) et l'ère secondaire (ou mésozoïque), elle a fait disparaître 95 % des espèces vivantes.

Trois paléontologues du Field Museum de Chicago, Peter Wagner, Matthew Kosnik et Scott Lidgard, affirment que de part et d'autre de cette phase d'extinction, les écosystèmes marins n'avaient pas la même composition. Leur étude porte sur 1 176 sites dans lesquels la faune fossile a été soigneusement répertoriée sur une longue période couvrant cette limite permio-triassique (la dernière période de l'ère primaire est le Permien et la première de l'ère secondaire est le Trias).

Et le mobile fut à la mode

Les auteurs se sont d'avantage intéressés aux écosystèmes qu'aux espèces elles-mêmes. Ils en distinguent deux types, les simples et les complexes, définis par le nombre d'espèces qu'ils comportent, en d'autres termes leur biodiversité, mais aussi par l'intensité des interrelations entre les espèces. Le constat : avant l'extinction, les écosystèmes simples dominaient mais ont laissé place aux seconds quand la vie a repris du poil de la bête.

Plus précisément, c'est la mobilité qui a remporté le match après extinction. A la fin de l'ère primaire, la faune marine était dominée par des espèces sessiles, c'est-à-dire fixées sur la roche ou le sédiment, comme les brachiopodes (toujours vivants mais peu diversifiés) et les crinoïdes (des échinodermes encore présents dans l'océan et souvent appelés lis de mer). A partir du Trias, la situation s'inverse, les animaux nageurs, fouisseurs et rampants deviennent majoritaires dans la faune. Même au sein des échinodermes, les crinoïdes se marginalisent au profit des oursins et des étoiles de mer.

« Cet accroissement de la faune mobile a probablement conduit à une augmentation de la complexité des écosystèmes, explique Peter Wagner. Avec une mobilité plus grande et donc un métabolisme plus élevé, les interactions entre individus sont plus nombreuses. »

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