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Einstein, Darwin et moi : un point commun !

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Voilà une nouvelle qui remonte le moral : vous et moi avons un point commun avec Darwin et Einstein ! En effet, statistiquement parlant, Albert Einstein et Charles Darwin répondaient à leur courrier comme vous et moi répondons à notre courrier électronique. C'est, en tout cas, la conclusion des deux physiciens qui ont analysé leur correspondance et nos courriels.

Une étude récente a montré que le délai nécessaire à « Monsieur-Tout-Le-Monde » pour répondre à ses courriels peut être décrit par une loi de puissance.

João Gama Oliveira et Albert-László Barabási (Université américaine de Notre-Dame et université portugaise d'Aveiro) viennent de montrer qu'il en est de même, avec un exposant différent cependant, pour les temps de réponse épistolaire de Darwin (1809-82) et d'Einstein (1879-1955).

Chiffres :

Darwin et Einstein ont reçu et écrit de nombreuses lettres pendant leur vie :

  • Darwin a envoyé 7591 lettres et en a reçu 6530 (au moins) ;

  • Einstein a envoyé plus de 14500 lettres et en a reçu 16200 ;
  • En moyenne, pendant leurs trente dernières années, Darwin a écrit 0,59 lettre et Einstein 1,02 lettre par jour. Leur correspondance a, bien sûr, nettement augmenté lorsqu'ils sont devenus célèbres, avec des fluctuations dans le temps (pendant la guerre pour Einstein, par exemple) ;
  • Darwin a battu son record de production le 1er janvier 1874 en écrivant 12 lettres ;
  • Le 14 mars 1949, Einstein en reçu 120 lettres pour son 70e anniversaire ;

  • Bien sûr, il est plus long d'écrire une lettre manuscrite qu'un courriel, mais le rapport mathématique entre réponses quasi-immédiates et réponses différées est similaire ;

  • La réponse prenait moins de 10 jours dans 53% des cas pour Einstein et 63% des cas pour Darwin. Parfois, elle prenait des mois.
Nombre de lettres envoyées par année (en noir) et reçues (en rouge) pour Darwin et Einstein. (images originales : Nature 437 1251, modifiées par Véronique Parasote)

Loi de puissance :
A partir de l'ensemble des données sur la correspondance des 2 savants, les chercheurs ont calculé le temps de réponse, T, c'est-à-dire le nombre de jours écoulés entre la réception d'une lettre et l'envoi de sa réponse et ils ont établi que la probabilité, que la réponse à un courrier ait été envoyée en T jours, P(T), peut être décrite par une loi de puissance, P(t) ~ t -a.
Pour nos courriels a = -1.
Pour Darwin, a = 1.45±0.1
Pour Einstein, a = 1.47±0.1

Distributions des temps de réponse de Darwin et Einstein, respectivement. Ces distributions sont bien décrites par une loi de puissance d'exposant –3/2. Pour Darwin, la meilleure description est obtenue pour a=1.45 plus ou moins 0.1. Pour Einstein, la meilleure description est obtenue pour a=1.47 plus ou moins 0.1 (images originales : Nature 437 1251, modifiées par Véronique Parasote).

Prenons un peu de recul…

Comparer les comportements « réponse au courrier » de Darwin, Einstein et les utilisateurs de courriels du 21e siècle c'est mettre en parallèle des données pour des personnes de spécialistés différentes (un biologiste, un physicien et une masse d'individus), dans des pays différents et à des époques différentes.

Le résultat semble donc plutôt indiquer une caractéristique « humaine » qu'individuelle.

http://www.bdoubliees.com/record/redactionnel/courrier.htm

Laquelle ? Et bien peut-être tout simplement que si on veut répondre à un courrier, on se prend la peine de le faire en priorité et que passés quelques jours, dans la plupart des cas, la bonne intention est plus dure à concrétiser !

Allez, je vous laisse, j'ai du courrier en retard !

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