Les dispositifs qui prendront le relais des composants électroniques d'aujourd'hui pourraient bien utiliser des plasmons émis par l'équivalent des lasers, les spasers. La nanotechnologie permet désormais de les fabriquer avec des feuillets de graphène et des nanotubes de carbone.
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L'analogue d'un laser avec des phononsphonons à la place des photonsphotons existe. On obtient alors un saser. Depuis une dizaine d'années, on sait que l'on peut faire un autre analogue du laser avec d'autres quasiparticules, les plasmonsplasmons de surface. Ce sont les analogues des phonons, mais au lieu d'être des quanta d'énergieénergie des ondes sonoresondes sonores dans un cristal, ils sont les quanta d'énergie d'ondes de densité dans le gazgaz d'électronsélectrons libres dans un métalmétal. Le premier spaser (surface plasmon amplification by stimulated emission of radiation) a vu le jour en 2009. Il est l'une des découvertes entraînées par un domaine de recherche très actif et prometteur en ce début du XXIe siècle : la plasmoniqueplasmonique.

Comme pour la spintronique, les physiciensphysiciens et les ingénieurs en attendent une nouvelle électronique plus rapide et plus compacte. Jusqu'à une publication récente d'un groupe de chercheurs de l'université Monash (Australie) dans ACS Nano, les spasers considérés en laboratoire étaient fabriqués avec des nanoparticulesnanoparticules d'or ou d'argentargent, et parfois avec des boîtes quantiques. Mais les nanotechnologies explorent aussi les possibilités ouvertes par un matériaumatériau miracle : le graphène.

Soumis à un rayonnement, un nanotube de carbone et un feuillet de graphène deviennent le lieu de l'apparition d'un effet spaser (<em>surface plasmon amplification by stimulated emission of radiation</em>). On peut se représenter le dispositif comme une sorte de nanolaser, à la différence près que les particules circulant dans le feuillet de graphène ne sont pas des photons mais des plasmon<em>s. </em>© <em>American Chemical Society</em>

Soumis à un rayonnement, un nanotube de carbone et un feuillet de graphène deviennent le lieu de l'apparition d'un effet spaser (surface plasmon amplification by stimulated emission of radiation). On peut se représenter le dispositif comme une sorte de nanolaser, à la différence près que les particules circulant dans le feuillet de graphène ne sont pas des photons mais des plasmons. © American Chemical Society

Des spasers à nanoparticules aux spasers avec du graphène

Doué de propriétés mécaniques, optiques, électriques et thermiques exceptionnelles, le graphènegraphène et ses feuillets peuvent être enroulés pour fabriquer une autre vedette des nanosciences, les nanotubes de carbonenanotubes de carbone. Les chercheurs ont réussi à faire un spaser en associant des feuillets de graphène et des nanotubes de carbone.

Or, des dispositifs à base de spasers peuvent être utilisés comme une alternative à ceux à base de courants électriquescourants électriques comme les transistors, les microprocesseursmicroprocesseurs, les mémoires et les écrans tout en surmontant les limites actuelles à leur miniaturisation. L'utilisation du graphène et des nanotubes de carbone apparaît comme particulièrement bien adaptée, car ces matériaux sont plus d'une centaine de fois plus résistants que l'acieracier et peuvent conduire la chaleurchaleur et l'électricité beaucoup mieux que le cuivrecuivre. En outre, ils sont plus respectueux de l'environnement que les nanoparticules d'or ou d'argent.

Les chercheurs font miroiter dans un avenir proche des applicationsapplications avec des composants à base de spasers, par exemple des téléphones portables si fins qu'ils tiendraient dans l'épaisseur d'un vêtement. On peut penser qu'il permettrait de concrétiser le fameux Morph de Nokia.