À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, La Casemate et le Quai des Savoirs organisent un éditathon dédié aux femmes de sciences. L'occasion de se questionner sur la place qui leur est accordée dans nos sociétés actuelles et sur les actions à mener pour leur offrir une visibilité à la hauteur de leurs contributions.

Depuis sa création au début du XXe siècle, la Journée internationale des droits des femmes œuvre à sensibiliser le public aux inégalités qui se jouent dans le monde, qu'elles naissent de notre quotidien ou constituent l'héritage de notre passé. Et dans le domaine des sciences, il reste encore beaucoup de travail à accomplir afin de rendre aux femmes - et aux minorités de genre - leur juste place. Il existe pourtant des leviers sur lesquels il est possible d'agir en tant que citoyen. L'un d'eux, n'en vous déplaise, est Wikipédia.

Genre et représentation

Durant toute notre existence, et en particulier durant notre enfance, notre constructionconstruction personnelle et nos choix sont informés par les modèles auxquels nous sommes exposés. Parce que notre société est encore largement ancrée dans une vision binaire du genre, avec des attentes spécifiques associées aux garçons et aux filles, il importe pour les jeunes enfants (en particulier les filles) de pouvoir s'identifier à des figures correspondant à l'étiquette qu'on leur a attribuée. Un jeune garçon aura donc le choix de trouver l'inspiration en NewtonNewton, EinsteinEinstein, GaliléeGalilée, Hawking, Pythagore, ou encore Sagan, tandis qu'une jeune fille n'aura généralement entendu parler que de Marie CurieMarie Curie, morte à cause des radiations qu'elle avait passé sa vie à étudier. Une perspective souvent décourageante pour quiconque cherche à se construire une vocation.

Mais un problème plus vaste englobe celui de l'identification au genre. Il s'agit de celui de la représentation. Nous inférons des règles tacites de la manière dont le monde nous est présenté, et si les clichés peuvent causer beaucoup de dommages, l'omission peut en occasionner tout autant. Ainsi, l’absence de visibilité des femmes dans la sphère scientifique laisse encore aujourd'hui à penser que celle-ci est à grande majorité masculine. Une vision largement erronée qu'un simple passage dans les archives de l'Histoire nous aurait permis de corriger.

La contribution de Rosalind Franklin à l'étude de l'ADN a longtemps été passée sous silence. © A Other, Flickr
La contribution de Rosalind Franklin à l'étude de l'ADN a longtemps été passée sous silence. © A Other, Flickr

La juste place

Vera Rubin, Rosalind Franklin, Katherine Johnson, Margaret Hamilton, Hypathia, Ada Lovelace sont autant de figures qui commencent à resurgir grâce au formidable travail de curation de personnalités académiques, muséales, et de passionnés. On leur doit la découverte de la structure de l'ADNADN, la rédaction du premier code informatique, ou encore la preuve de l’existence de la matière noire. Des contributions qu'il serait de mauvais ton de qualifier de modestes, et qui sont pourtant demeurées longtemps absentes de nos livres d'Histoire. En sortant ces noms de l'ombre, nous participons à honorer comme il se doit le travail accompli par ces personnalités, mais également à ouvrir les portesportes de la science à toutes celles et ceux qui souhaitent y apporter leur propre contribution.

Si vous souhaitez, vous aussi, participer au mouvementmouvement en rendant hommage à ces figures oubliées, nous vous invitons à découvrir l'éditathon Femmes & Sciences organisé par La Casemate et le Quai des Savoirs du 11 au 14 mars (voir interview ci-dessus). L'objectif : créer et enrichir des biographies de femmes scientifiques sur Wikipédia. L'événement est ouvert à tous et toutes, et une initiation sera proposée aux débutant.e.s n'ayant jamais édité de contenu sur la plateforme. Pour ceux et celles qui souhaiteraient simplement suivre ce grand rassemblement, nous vous invitons à retrouver le hashtag #WikiFemmesSci sur les réseaux sociauxréseaux sociaux.