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Le squelette de Richard III retrouvé sous un parking

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Une minutieuse enquête, une fouille sous un parking à Leicester (sud de l'Angleterre), la découverte d'un squelette et des comparaisons d'ADN avec deux descendants présumés, pour une seule  conclusion : les restes retrouvés sont bien ceux du roi Richard III, dernier souverain des Plantagenêts, tué lors de la bataille de Bosworth, au XVe siècle.

Examiné de près et daté au carbone 14, le squelette exhumé sous le parking de Leicester est bien, selon toute vraisemblance, celui du roi Richard III, réputé tyrannique et qui a inspiré à Shakespeare une pièce de théâtre devenue célèbre. © Université de Leicester

C'est par une conférence de presse que l'archéologue britannique Richard Buckley, de l'université de Leicester, a annoncé la nouvelle : après deux ans d'enquête, il a été démontré que le squelette exhumé en août 2012 sous un parking, dans les restes d'un monastère, est bien celui de Richard III. Le roi à la réputation de tyran, dont Shakespeare a raconté la chute dans une pièce célèbre, a été retrouvé. « Mon royaume pour un cheval », c'est lui.

L'enquête a été menée de façon scientifique et avec beaucoup de minutie, comme ce fut d'ailleurs le cas pour l'authentification du crâne d'Henri IV et, à l'inverse, pour la révélation de la supercherie des reliques de Jeanne d'Arc (en attendant l'étude de la dépouille possible de la Joconde). Elle aura duré deux années, mobilisé plusieurs disciplines et mené jusqu'au Canada.

Voici Richard III, roi d'Angleterre, couronné en 1483. Il est mort à Bosworth en 1485, en combattant les troupes levées par Henri Tudor, fraîchement débarqué de Bretagne. Les marques de coups font partie des indices qui ont permis d'authentifier le squelette du souverain. © Université de Leicester

Un des derniers épisodes de la guerre des Deux-Roses

L'aboutissement de cette investigation éclaire un moment clé de l'histoire de l'Angleterre : celui de la bataille de Bosworth, en 1485, à la fin de la guerre civile dite des Deux-Roses. Cette lutte a opposé deux maisons, celle de York, à laquelle appartient le roi Richard III, et celle de Lancastre, dont le chef de file est Henri Tudor, réfugié en Bretagne.

L'exilé lève une armée, débarque au Pays de Galles, fief des Lancastres et y agrandit ses troupes. Il défait celles du roi près de Leicester, à Bosworth. Richard III, 32 ans, qui n'a alors régné que deux ans, est tué sur le champ de bataille. Le vainqueur devient Henri VII, mettant fin peu après à la guerre des Deux-Roses et au règne de la dynastie des Plantagenêts.

Michael Ibsen, Canadien, est un descendant de Richard III d'après Kevin Schürer, généalogiste de l'université de Leicester. Il s'est prêté à un test ADN conduit par la généticienne Turi King, ici à droite. © Université de Leicester

Une enquête minutieuse et des indices concordants

Les historiens savaient que Richard III avait été enterré dans une église d'une communauté franciscaine, les Greyfriars, à Leicester. À force de recoupements, les archéologues ont localisé l'endroit, situé sous un parking de la ville.

Le bâtiment était bien là et, à l'intérieur, un squelette avec un crâne présentant deux blessures mortelles, causées par une épée et (peut-être) une hallebarde, ce qui correspond aux récits de la bataille et de la mort du roi.

À partir du crâne exhumé, des experts de l'université de Dundee ont reconstitué le visage du roi, désormais visible sur le site de la Richard III Society. Son allure est bien plus avenante que le portrait qu'en a fait Shakespeare (acte I, scène 1, première tirade de Gloucester). © Getty

De multiples indices convergent pour démontrer que ces restes sont bien ceux de Richard III, comme le détaille un communiqué de l'université de Leicester. Des indices issus d'analyses d’ADN effectuées par la généticienne Turi King, sur le squelette et sur deux descendants actuels des Plantagenêts, dont un Canadien.

Ravis de leur découverte, les archéologues de Leicester ont publié sur le site de leur université une série de documents, informations, photographies et vidéos. Les anglophones férus d'histoire peuvent aller s'y promener.

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