S’inspirant de Doryteuthis opalescens, des chercheurs de l’université de Californie à Irvine (États-Unis) ont produit des cellules humaines capables de devenir transparentes. © Olly, Adobe Stock

Sciences

Des cellules humaines rendues invisibles

ActualitéClassé sous :Homme , invisibilité , biomimétisme

Les animaux sont parfois les gardiens d'étonnants superpouvoirs. Certains céphalopodes, par exemple, peuvent devenir invisibles sur demande, pour littéralement se fondre dans son environnement. Pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à recréer le phénomène dans des cellules humaines. De là à l'homme invisible, il reste tout de même un peu plus qu'un pas...

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[EN VIDÉO] Devenir invisible grâce à des lentilles, avec le Rochester Cloak  Le rêve de l’invisibilité attise l'imagination des scientifiques, comme en témoigne cette jolie astuce technique réalisée par des chercheurs de l’université de Rochester. En utilisant de simples lentilles, ces scientifiques ont pu dévier la lumière pour créer un anneau d’invisibilité. L’expérience est visible ici en vidéo. 

Certains céphalopodes, pieuvres et calmars en tête, maîtrisent l'art du camouflage comme personne. Et une équipe de l'université de Californie à Irvine (États-Unis) cherche depuis longtemps le moyen d'imiter leurs capacités à changer de couleur. Un travail de longue haleine qui mène ces chercheurs à présenter aujourd'hui des cellules humaines capables de devenir transparentes.

Un exemple des capacités de camouflage incroyables des céphalopodes. © Digg, Giphy

Pour en arriver là, les chercheurs se sont inspirés de femelles d'une espèce de petits calmars côtiers, les Doryteuthis opalescens. Elles possèdent des cellules réfléchissantes spécialisées - les leucophores - qui peuvent modifier la façon dont elles diffusent la lumière. À l'intérieur de ces cellules se trouvent des leucosomes, des particules composées de protéines - les réflectines - qui peuvent produire un camouflage irisé.

L’image en noir et blanc du microscope à contraste de phase montre – indiquées par des flèches blanches – les nanostructures de réflectine de calmar présentes dans les cellules humaines développées par les chercheurs de l’université de Californie à Irvine (États-Unis). L’image en couleur montre la différence de longueur du trajet de la lumière lorsqu’elle passe par une zone donnée. Le rouge correspond à un trajet long, le bleu à un trajet plus court. © Atouli Chattejee, Université de Californie

De l’animal à l’Homme

Après avoir cultivé des cellules rénales embryonnaires humaines, les chercheurs les ont génétiquement modifiées pour qu'elles expriment la réflectine. Les structures qui se sont ensuite naturellement développées se sont comportées optiquement presque comme elles le font dans les leucophores des céphalopodes. Et les chercheurs ont pu vérifier - en leur appliquant des solutions de chlorure de sodium - que les cellules ainsi modifiées pouvaient être activées ou désactivées par un stimulus externe. Comme chez la pieuvre.

Alors, même si nous sommes encore loin de (ne pas) voir déambuler des Hommes invisibles dans les rues, le projet développé par les chercheurs de l'université de Californie montre que les protéines de réflectine peuvent conserver leurs propriétés dans des environnements cellulaires étrangers. Ce qui est déjà un grand pas.

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