ExoMars et ses 300 kg ne se poseront sur Mars qu'en 2021. Ce report de deux ans ne remet pas en cause les objectifs scientifiques de la mission qui devraient nous aider à mieux comprendre l’apparition de la vie sur Terre il y a quatre milliards d’années, période à laquelle Mars s’est éteinte. © Agence spatiale européenne

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Mauvaise nouvelle : ExoMars 2018 partira... en 2020

ActualitéClassé sous :ExoMars 2018 , agence spatiale européenne , Roscosmos

Un agenda trop contraint et des difficultés de financement ont poussé l'Agence spatiale européenne et Roscosmos à retarder à 2020 le lancement du rover ExoMars 2018. Ce report est la solution trouvée pour mener à bien ce programme en deux parties, dont la première mission - ExoMars 2016 - a décollé le 14 mars à destination de la Planète rouge.

La deuxième partie du programme ExoMars devait être lancée en mai 2018 et déposer en janvier 2019 un rover sur Oxia Planum, vaste plaine datant de 4 milliards d'années. La mission, comme les spécialistes s'en doutaient, a été reportée en 2020 en raison d'un calendrier qui ne laissait aucune marge de manœuvre en cas de problèmes techniques ou de contraintes financières.

En termes plus simples, le risque était bien réel que les équipes du projet n'aient pas suffisamment de temps pour être prêts dans les délais impartis. Dans ces conditions, Johann-Dietrich Woerner et Igor Komarov, directeurs généraux de l'Esa et de Roskosmos, ont pris cette décision pour se donner suffisamment de temps pour construire le rover, la plateforme d'atterrissage et les instruments.

ExoMars s'articule en deux missions séparées réalisées dans le cadre d'un partenariat entre l'Agence spatiale européenne et l'Agence spatiale russe Roscosmos, pour lequel Thales Alenia Space est maître d'œuvre. ExoMars 2016, la première partie du programme, a été lancée avec succès en mars 2016 et arrivera autour de la Planète rouge en octobre. Elle comprend l'orbiteur TGO (Trace Gas Orbiter) et le démonstrateur d'entrée, de descente et d'atterrissage (EDM, pour Entry, Descent and Landing Demonstrator Module), plus joliment baptisé capsule Schiaparelli.

Avec ce module, l'Europe apprendra à se poser sur Mars avec une orientation et une vitesse d'atterrissage contrôlées par plusieurs moyens (navigation ou relais de données par exemple). La maîtrise de ces technique sera nécessaire pour de futures missions d'exploration, comme celles qui rapporteront des échantillons martiens, mais pas pour ExoMars 2018 - que l'on appellera désormais ExoMars 2020 -, les Russes gérant ce moment délicat.

Bien qu'avec ExoMars 2016, l'Esa posera un atterrisseur sur Mars, cette compétence ne sera d'aucune utilité en 2021. Cette technologie ne sera en effet pas utilisée sur le rover d'ExoMars 2018. C'est l’Agence spatiale russe Roscosmos qui fournira cet atterrisseur, qui devrait se poser sur Oxia Planum au début de l'année 2021.© Roscosmos, Lavochkin, IKI

Bousculade martienne en 2020

La deuxième partie d'ExoMars a donc été reportée à la fenêtre de tir suivante, qui s'ouvre tous les 26 mois environ. Le lancement du rover est maintenant prévu en août 2020, en vue d'un atterrissage en avril 2021. Cet engin est conçu pour se déplacer de manière autonome. Sa particularité est une capacité de forage inédite, qui va bien au-delà des perforations dont est capable Curiosity. Le rover européen pourra prélever des échantillons jusqu'à une profondeur de deux mètres, quoique, en fait, il n'ira pas jusque-là. Ces prélèvements seront analysés sur le plan chimique, physique et, c'est une spécificité, biologique. Il sera également utilisé pour déterminer le lieu de la collecte d'échantillons martiens qui seront rapportés sur Terre lors d'une mission future.

Avec ce report, il y aura en 2020 pléthore de lancements à destination de Mars. L'Europe et la Russie, donc, partiront vers la Planète rouge avec ExoMars 2020. Les États-Unis les rejoindront grâce à Curiosity 2, de la Nasa (départ en mars 2020). Il est vraisemblable, même si très peu d'informations circulent, qu'un rover chinois soit de la fête, et les Émirats Arabes Unis développent pour la même année leur orbiteur Hope, une mission de météorologie martienne qui viendra compléte les données de Maven, de la Nasa.

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