Sur cette vue d’artiste, une collision entre deux étoiles naines blanches comme celle que les astronomes pensent pouvoir être à l’origine du nouveau type d’étoiles qu’ils ont observé. © Nicole Reindl, Université de Tübingen
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Ces étoiles défient les astronomes dans leur compréhension de l’évolution stellaire

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Elles se trouvent à plus de 10.000 années-lumière de la Terre. Deux drôles d'étoiles au cœur d'hélium et entourées de carbone et d'oxygène. Une composition inédite. Qui remet en question la manière dont les astronomes envisagent l'évolution stellaire.

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[EN VIDÉO] Une simulation incroyablement réaliste donne naissance à des étoiles  Pour percer les secrets de la formation des étoiles, les astronomes comptent sur des simulations. Celle mise au point par une équipe de chercheurs parmi lesquels des astrophysiciens de l’université Northwestern (États-Unis) est la plus réaliste et la plus haute définition à ce jour. Elle montre une masse de gaz – ici, de 20.000 fois la masse du Soleil, mais elle peut être modulée, de dizaines à des millions de fois la masse du Soleil - flottant dans la galaxie. Au fur et à mesure que le nuage de gaz évolue, il forme des structures qui s'effondrent et se brisent en morceaux. Elles finissent par former des étoiles. Une fois que les étoiles se forment, elles lancent des jets de gaz vers l'extérieur depuis les deux pôles, perçant à travers le nuage environnant. Le processus se termine lorsqu'il n'y a plus de gaz pour former plus d'étoiles. © Michael Grudić, Université Northwestern 

De l'hydrogène et de l'hélium. Ce sont les deux éléments chimiques que les astronomes trouvent en principe essentiellement à la surface des étoiles. En principe parce que des chercheurs de l’université de Tübingen (Allemagne) viennent de découvrir deux étoiles -- baptisées PG1654+322 et PG1528+025 -- couvertes de carbone et d'oxygène.

Ne nous y trompons pas. Ces éléments-là, le carbone et l'oxygène, se forment très classiquement dans les étoiles. Par fusion de l'hélium. Mais les températures -- environ 10 fois supérieures à celles qui règnent à la surface de notre Soleil -- et les rayons observés des deux étoiles citées ici par les astronomes suggèrent qu'elles sont toujours dans la phase dite de fusion de l'hélium. Comprenez qu'elles continuent de brûler de l'hélium dans leur noyau. Alors même que leur surface raconte qu'elles en ont fini des réactions nucléaires.

Des modèles d’évolution stellaire à revoir

Des chercheurs de l'université de La Plata (Argentine) et de l'Institut Max Planck (Allemagne) suggèrent que ces étoiles pourraient s'être formées suite à un type rare de collision stellaire. Dans les systèmes binaires, il arrive fréquemment que des étoiles en fin de vie, des naines blanches, finissent par tomber l'une sur l'autre. Les astronomes pensant désormais qu'avec des étoiles de masses très spécifiques, une naine blanche riche en carbone et en oxygène pourrait être perturbée et se heurter à une étoile encore riche en hélium.

« Ces nouvelles étoiles se présentent comme un sérieux défi à notre compréhension de l'évolution stellaire », confie Klaus Werner, professeur à l'université de Tübingen, dans un communiqué de la Royal Astronomical Society. Elles pourraient mener à établir de nouveaux modèles qui définiraient mieux l'évolution des systèmes binaires, notamment. Et la manière dont les étoiles qui les composent voient leurs masses se modifier dans le temps.

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