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Sur la Lune aussi les rochers dévalent les pentes !

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Parmi toutes les curiosités du sol lunaire que photographie l'orbiteur LRO, les géologues ont déniché plusieurs traces de gros blocs qui ont roulé sur les pentes de cratères d'impact.

Sur la Lune, un bloc de 9 mètres a dévalé la pente du piton central du cratère Schiller. © Nasa/GSFC/Arizona State University
  • Parcourez la Lune en image 

La Lune a beau être un astre géologiquement mort, l'étude de sa surface reste passionnante et apporte régulièrement d'étonnantes trouvailles révélées par des caméras dont la résolution ne cesse de progresser.

Depuis juin 2009 les meilleures images sont produites par la sonde américaine Lunar Reconnaissance Orbiter. Placée sur une orbite à 50 kilomètres d'altitude, LRO dispose de deux appareils photo pour étudier la surface lunaire : le Wac (Wide Angle Camera), qui fournit une résolution d'environ 100 mètres, a permis notamment de réaliser deux mosaïques géantes, l'une de la face visible et l'autre de la face cachée de notre satellite naturel. Le Nac (Narrow Angle Camera), lui, saisit des détails inférieurs au mètre. Les géologues l'utilisent pour obtenir des vues très détaillées de certaines régions lunaires qui les intriguent.

C'est le Nac qui a servi par exemple à photographier un gouffre dans Mare Ingenii, résultat de l'effondrement du plafond d'un ancien tube de lave. C'est encore cet instrument qui a saisi les traces laissées sur les pentes de plusieurs cratères par le roulement de gigantesques blocs.

Les pentes des Alpes lunaires offrent d'étonnantes traces d'éboulements révélées grâce au programme Zooniverse. © Nasa/LRO/Moon Zoo

Les pierres qui roulent

Il y a deux ans, des internautes qui aidaient les astronomes à éplucher les images prises par LRO dans le cadre du projet Zooniverse avaient découvert une spectaculaire série d'éboulements sur les pentes des Alpes lunaires. Comme le montre l'image ci-dessus, des griffures rectilignes rayent le sol lunaire, chacune terminée par un rocher arrêté au bout de sa course.

De telles traces sont rendues visibles par la présence de régolithe, cette épaisse couche de poussière et de débris rocheux pulvérisés par l'incessant bombardement météoritique qui a frappé la Lune au début de son histoire. Les pierres qui roulent et parfois rebondissent laissent leur trace dans le régolithe à la manière d'une boule dans la neige. Cette fois, c'est sur la pente du piton central du cratère Schiller (ci-dessous) qu'un bloc de 9 mètres a révélé l'empreinte de sa roulade à l'appareil photo de LRO. La fraîcheur de la trace pourrait laisser croire que le phénomène est très récent, mais une observation attentive révèle la superposition de minuscules cratères d'impact plus jeunes sur cette trace, ce qui fait dire aux géologues que l'éboulement pourrait s'être produit il y a au moins 50 millions d'années. Mais qu'est-ce qui fait donc rouler les blocs lunaires ? Les scientifiques penchent actuellement pour des secousses qui déstabiliseraient les blocs en équilibre, secousses produites par de violents impacts à proximité.

Voilà encore une nouvelle preuve de la richesse des paysages lunaires, qu'on a tendance parfois à réduire aux seuls grands cratères comme Tycho, Copernic ou encore Clavius. Comme le fait remarquer Chris Lintott, l'astrophysicien anglais à l'origine du projet Zooniverse, « la Lune a son propre paysage qui est vraiment spectaculaire, c'est donc un monde qui vaut la peine d'être exploré ».       

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