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Cure de jouvence pour Hubble

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Après 12 années ou presque de fabuleuses découvertes scientifiques, Hubble, télescope spatial ESA/NASA en orbite autour de la Terre, s'apprête à passer une nouvelle visite d'entretien. Celle-ci a pour but de remettre à niveau le système du satellite et de l'équiper de nouveaux instruments plus modernes et plus performants qui accroîtront de façon spectaculaire ses capacités d'observation et sa longévité.

Le satellite Hubble

Fruit d'une collaboration sans précédent entre l'Agence spatiale européenne (ESA) et la NASA, le télescope Hubble a eu un formidable impact scientifique. Les images d'une incomparable netteté transmises par cet observatoire spatial ont permis d'explorer les profondeurs de l'espace et révélé des phénomènes stupéfiants. Mais si Hubble a pu ainsi contribuer aux progrès de la science, c'est grâce à une stratégie soigneusement planifiée d'entretien et de remise à niveau du télescope tous les deux ou trois ans.

Mission de maintenance

L'Agence spatiale européenne a un rôle particulier à jouer dans la prochaine mission de maintenance. L'un des temps forts de cette mission sera le remplacement des panneaux solaires (fabriqués par l'ESA) par de nouveaux panneaux plus puissants. Réalisés aux Etats-Unis, ces panneaux sont équipés de mécanismes d'entraînement conçus par l'ESA et ont été testés à l'ESTEC, le Centre européen de recherche et de technologie spatiales de l'Agence situé aux Pays-Bas. L'ESTEC est le seul endroit au monde où ce type d'essais peut être conduit.

Selon Ton Linssen, chef du projet Hubble à l'ESA, qui a supervisé la participation de l'Agence au développement de ces nouveaux panneaux solaires, y compris la campagne d'essais à l'ESTEC, " l'un des moments critiques de la mission sera celui où les panneaux solaires en place devront être enroulés pour pouvoir être placés dans la soute de la Navette. Les conditions extrêmes qui caractérisent le milieu spatial ont endommagé les panneaux et les enrouler sera une opération très délicate que notre équipe suivra en retenant son souffle. Si les panneaux ne peuvent pas être enroulés, il faudra peut-être les abandonner dans l'espace."

"Grâce à cette nouvelle mission de maintenance, Hubble va se trouver à nouveau à l'avant-garde de la science et de la technologie, commente Piero Benvenuti, responsable scientifique du projet Hubble à l'ESA. " De nouveaux instruments ultra sophistiqués vont donner une nouvelle jeunesse à l'observatoire. Le télescope va par exemple être équipé d'une nouvelle caméra numérique, la caméra de technologie avancée pour observations panoramiques (ACS), qui pourra réaliser des images du ciel deux fois plus grandes avec une sensibilité cinq fois supérieure à celle des instruments précédents, ce qui multipliera donc par dix les capacités d'observation du télescope ! Les astronomes européens sont impatients d'utiliser cette nouvelle caméra et d'ajouter de nouvelles découvertes scientifiques à un palmarès déjà brillant. "

L'ACS remplacera la caméra pour objets faiblement lumineux (FOC), autre réalisation de l'ESA. La caméra FOC fonctionne parfaitement depuis son installation et concourt largement à l'exploitation optimale des capacités d'imagerie exceptionnelles du télescope. Cette caméra représentait ce qu'il y avait de plus perfectionné dans les années 80, mais les techniques d'imagerie numérique ont fait de tels progrès au cours des 20 dernières années que ce porte?étendard de l'ESA sur Hubble, après avoir accompli sa mission, doit maintenant céder la place à une nouvelle génération d'instruments.

Cependant, la caméra FOC n'a pas encore dit son dernier mot : les experts attendent son retour sur Terre pour l'inspecter et étudier les effets de son long séjour dans l'espace.

Hubble doit continuer à explorer le ciel pendant les dix prochaines années, puis ce sera le puissant Télescope spatial de prochaine génération (NGST), fruit d'une collaboration ESA/NASA/ASC(*), qui prendra le relais. Le NGST se consacrera essentiellement à l'observation du faible rayonnement infrarouge émis par les premières étoiles et galaxies de l'Univers.

Rappel chronologique

Le télescope spatial Hubble a été mis au point dans le cadre d'un projet de coopération internationale entre l'ESA et la NASA et a été lancé en 1990. L'accord de partenariat entre l'ESA et la NASA a été signé le 7 octobre 1977 ; en vertu de cet accord, les astronomes européens bénéficient d'un accès garanti à plus de 20 % du temps d'observation du télescope.

Les astronautes ont déjà effectué trois missions de maintenance du télescope : en 1993, 1997 et 1999. La mission du printemps 2002 (baptisée mission de maintenance 3B) sera donc la quatrième, et son lancement est prévu le 28 février. La troisième mission de maintenance, qui à l'origine devait être une mission unique, a été scindée en deux (missions 3A et 3B) en raison du nombre considérable de tâches à exécuter et de la nécessité de réparer d'urgence les gyroscopes de Hubble fin 1999.

Outre les nouveaux panneaux solaires et la caméra ACS, les astronautes installeront un système de refroidissement de très haute technologie sur NICMOS, la caméra infrarouge de Hubble. NICMOS est en sommeil depuis qu'elle s'est trouvée à court de fluide de refroidissement en 1999. Le nouveau système est un refroidisseur mécanique qui fonctionne comme un réfrigérateur perfectionné.

D'autres tâches de maintenance seront effectuées durant la mission 3B. Au total, cinq sorties prolongées dans l'espace sont prévues.

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