La sonde américaine LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) a retrouvé les traces de l'impact des deux vaisseaux de la mission Grail, qui avaient percuté la surface lunaire en décembre 2012.

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    Lancées en septembre 2011, les deux sondes de la mission Grail (Gravity Recovery and Interior Laboratory) baptisées Ebb et Flow, ont été placées en janvier 2012 en orbite polaire à quelques dizaines de kilomètres de la surface lunaire. Pesant 200 kgkg chacun pour un encombrement comparable à celui d'une machine à laver, ces deux satellites ont tourné en formation (ils étaient séparés par une distance variant entre 175 et 225 km) pendant presque un an autour de la Lune. L'objectif de cette mission était de cartographier avec précision la densité du sous-sol lunaire pour révéler la répartition des masses sur la face visible comme sur la face cachée et la composition des différentes stratesstrates internes de notre satellite naturel jusqu'au noyau.

    Une fois leur mission terminée, les deux sondes ont été précipitées sur la Lune à proximité du pôle nord le 17 décembre 2012 à 23 h 00 heure française, à plus de 6.000 km/h, 20 secondes séparant les deux impacts. Un scénario qui n'était pas sans rappeler la fin de la sonde LCross (Lunar Crater Observation and Sensing Satellite) en octobre 2009 (cette fois-ci au pôle sud lunaire), et qui là encore avait pour objectif de créer un panache de poussière lunaire pour en analyser la composition.

    La mission Grail, constituée de deux petits satellites de 200 kg chacun, a cartographié la densité du sous-sol lunaire pendant l'année 2012. © Nasa, JPL, Caltech

    La mission Grail, constituée de deux petits satellites de 200 kg chacun, a cartographié la densité du sous-sol lunaire pendant l'année 2012. © Nasa, JPL, Caltech

    Un double impact sous surveillance

    C'est fin novembre 2012, trois semaines avant l'impact des sondes Grail que les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory ont eu connaissance du site exact où se produiraient les deux collisions : le flanc sud d'une montagne entre les cratères Mouchez et Philolaus. Le 17 décembre en soirée, la zone où se sont écrasées les sondes Ebb et Flow était plongée dans le noir, mais les panaches de poussière et de gaz dégagés par les deux impacts sont montés suffisamment haut pour que l'orbiteur LRO puisse en mesurer la composition, y détectant de l'hydrogène et du mercure comme lors de l'impact de LCross. Lunar Reconnaissance OrbiterLunar Reconnaissance Orbiter a ensuite eu l'occasion de survoler à 160 km d'altitude les sites d'impact quand ils étaient éclairés par le Soleil. Les images réalisées par la Nac (Narrow Angle Camera), l'une des deux caméras qui équipent LRO et qui permet de saisir des détails jusqu'à 50 centimètres, ont révélé la présence de deux nouveaux petits cratères entre 4 et 6 m de diamètre, et qui sont séparés d'un peu plus de 2 km.

    La surprise est venue des éjectas entourant ces nouveaux cratères : habituellement clairs, les matériaux lunaires projetés lors des deux impacts ont laissé cette fois-ci des traces sombres, qui s'expliquent peut-être par un mélange entre les roches lunaires et les débris des sondes Grail.