Dans les années à venir, des milliers de satellites de toutes tailles devront être lancés en orbite basse. Ce marché relance l'intérêt du missile russe Satan reconverti en lanceur. Arme de destruction massive (il peut transporter dix têtes nucléaires) et toujours en service, ce missile peut aussi être utilisé à des fins pacifiques. Les lanceurs Tsyklon et Dnepr étaient d'ailleurs des adaptations de ce missile. Leur production a cessé mais aujourd'hui, la Russie envisage de nouveau ce recyclage.
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[EN VIDÉO] Comment mettre un satellite en orbite autour de la Terre ? Sans même que nous en ayons conscience, les satellites sont devenus indispensables à notre quotidien. Les moyens de communication, de surveillance et une bonne partie des recherches scientifiques en dépendent. Alors, comment mettre en orbite un satellite ? Le Cnes nous répond dans cette courte vidéo didactique.

Dans un marché mondial des lancements en progression, la Russie envisagerait de relancer la conversion en lanceurlanceur de satellites une dizaine de missiles Voevoda. Plus connu sous le nom de SatanSatan, que lui avait donné l'Otan pendant la guerre froide, ce missilemissile a déjà été utilisé comme lanceur.

En effet, le lanceur DneprDnepr, que cogérait la Russie avec l'Ukraine dans la société ISC Kosmotras, était dérivé de ce missile Satan. Il a été en service de 1999 à 2015, date à laquelle la Russie a arrêté la production en raison de la détérioration de ses relations avec l'Ukraine.

Un missile russe Satan. © Vadim Tolbatov

Un missile russe Satan. © Vadim Tolbatov

Satan sera un lanceur à bas coût

Capable d'emporter 8,8 tonnes de charge utile, ce missile balistique intercontinental (ICBM) est très attrayant une fois converti en lanceur. Certes, ses performances sont moindres mais, dans le cadre du programme Dnepr, il a été utilisé à 22 reprises pour lancer des satellites scientifiques et commerciaux en orbiteorbite basse, notamment pour le compte de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne et de pays européens. Sur ces 22 tirs, un seul a raté sa mission et a perdu les 18 petits satellites à bord.

Le saviez-vous ?

Parmi les projets russes à l’étude pour protéger la Terre d’une collision avec un astéroïde, une étude a montré que des missiles Satan pouvaient être utilisés pour fragmenter un tel objet si sa taille est d’une centaine de mètres.

Pour la Russie il n'est évidemment pas question de relancer le programme Dnepr, dont les perspectives commerciales sur les marchés européens se sont considérablement amoindries avec l'entrée en service du lanceur Vega et la préférence européenne en matièrematière de lancement de satellites européens. Cela dit, les perspectives commerciales de ce lanceur restent suffisamment intéressantes pour répondre à la demande croissante de service de lancement à bas coût. Satan sera adapté pour lancer des charges utiles de plus de 3,5 tonnes en orbite basse. Le lanceur américain le plus proche en performances est l'Antares d’Orbital ATK, capable d'envoyer 4 tonnes et utilisé notamment pour ravitailler la Station spatiale internationaleStation spatiale internationale avec le cargo Cygnus.

La Russie disposerait d'un total de 150 de ces missiles avec une duréedurée de vie garantie jusqu'en 2021. À cet horizon, le missile Satan sera progressivement remplacé par le missile Sarmat qui équipera les forces nucléaires stratégiques russes. Cet ICBM est un missile intercontinental à carburant liquideliquide. D'un poids total de 100 tonnes et d'une charge utile de 10 tonnes, il peut parcourir 17.000 kilomètres, contre 11.000 kilomètres pour Satan.