Le satellite TurkmenAlem52E/MonacoSAT, premier satellite du Turkménistan, a été construit dans l'usine cannoise de Thales Alenia Space. © Rémy Decourt

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Ce soir, SpaceX lance le premier satellite du Turkménistan

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Ce soir marque le cinquième lancement de l'année pour SpaceX. L'entreprise américaine devrait envoyer le satellite de télécommunications TurkmenAlem52E/MonacoSAT (premier satellite du Turkménistan) dans l'orbite de transfert géostationnaire. À la différence des récents vols, notamment celui du lundi 13 avril à destination de l'ISS, le lancement d'aujourd'hui ne sera pas accompagné d'une tentative de récupération du premier étage du Falcon 9.

Si les conditions météorologiques sont favorables, ce qui semble être le cas malgré d'épais cumulus stationnant par intermittence au-dessus de Cap Canaveral, un lanceur Falcon 9 de SpaceX décollera aujourd'hui avec à son bord le satellite de télécommunications TurkmenAlem52E/MonacoSAT.

Ce tir survient seulement 13 jours après le précédent lancement qui a mis en orbite une capsule Dragon à destination de la Station spatiale internationale. Un si faible délai entre deux tirs montre la maturité technique des équipes au sol. C'est un nouveau record pour SpaceX : le précédent était de 14 jours.

Ce lancement est aussi le cinquième de l'année (l'entreprise américaine prévoit au moins 12 missions en 2015). Une cadence de lancement impressionnante comparée par exemple à celle d'Arianespace, qui n'a encore lancé qu'une seule Ariane 5 en 2015. Cela dit, si l'on tient compte des deux tirs de Soyouz et de l'IXV lancé en février par Vega, l'opérateur européen a en fait quatre lancements à son actif depuis le début de l'année.

Le lanceur Falcon 9 de SpaceX ce lundi 27 avril, en attente du lancement, avant le remplissage des réservoirs (oxygène liquide et kérosène). © Rémy Décourt

Un contrat entre SSI, Thales Alenia Space et le Turkménistan

Le satellite de télécommunication TurkmenAlem52E/MonacoSAT, construit par l'entreprise Thales Alenia Space, est le premier pour le Turkménistan (rappelons tout de même, pour l'anecdote, qu'en matière de télécommunications, ce pays empêche ses citoyens d'installer des antennes paraboliques). Ce satellite de 4,5 tonnes au lancement sera placé sur une orbite elliptique de transfert géostationnaire et positionné à 52 degrés de longitude est, en orbite géostationnaire. D'une puissance d'environ 10 kilowatts, le satellite comportera des répéteurs en bande Ku associés à une large couverture de la région d'Asie centrale, d'une partie de l'Europe et de l'Afrique. Sa durée de vie est de 15 ans.

Ce satellite est réalisé dans le cadre d'un contrat tripartite signé entre l'opérateur de satellite monégasque Space Systems International (SSI), le gouvernement du Turkménistan et le constructeur Thales Alenia Space, basé à Cannes, pour la construction et le lancement du satellite. Le Turkménistan ayant apporté l'essentiel du financement de la construction du satellite aux côtés de SSI, les deux tiers des capacités des transpondeurs lui seront consacrées, le dernier tiers étant dédié à SSI. Le gouvernement de Monaco utilisera les 12 répéteurs en bande Ku sur le satellite. Ils seront commercialisés par l'opérateur de satellites luxembourgeois SES. On rappellera que la position orbitale à 52 degrés est a été attribuée à la Principauté de Monaco par l'Union internationale des télécommunications (UIT) en juin 2005.

Il s'agit du premier satellite construit par Thales Alenia Space à être lancé par SpaceX. « Le lanceur Falcon 9 ne nous a pas posé de problème particulier, explique le porte-parole de l'usine cannoise, où a été construit le satellite et qui dépend de l'entreprise européenne. Un lanceur reste un lanceur et un satellite, un satellite. Bien que nous nous sommes retrouvés avec un nouveau lanceur, notre mode de travail n'a pas été bien différent de celui suivi avec une Ariane 5 d'Arianespace ou un Proton d'ILS par exemple. »

Si le Falcon 9 n'a pas posé de souci particulier, l'entreprise Thales Alenia Space s'est néanmoins assurée de la compatibilité du lanceur avec le satellite et vice versa. En effet, quel que soit le lanceur, « la compatibilité se démontre toujours dans les deux sens ». On peut citer par exemple les compatibilités mécaniques, électromagnétiques et thermiques, notamment sous coiffe pendant le compte à rebours puis jusqu'à séparation du lanceur. « Cela se fait comme avec une Ariane 5 avec une analyse couplée. » Autre exemple, l'encombrement du satellite, construit autour de la plate-forme Spacebus 4000 C2, sous la coiffe du lanceur : « Il n'a pas occasionné de problème particulier en raison de la taille suffisamment grande de la coiffe du Falcon 9 ».

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