L’aluminium peut se trouver au contact des aliments. Faut-il s’en méfier ? Quels sont les dangers ? © Lorena Fernandez, Shutterstock

Santé

Les dangers de l'aluminium

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L'aluminium est le troisième élément le plus abondant dans la croûte terrestre. Il se trouve naturellement présent dans notre environnement : eau, aliments, mais aussi cosmétiques. Sa présence inquiète car il est soupçonné d'accroître le risque de démences ou de certains cancers. Quels sont les dangers ?

L'aluminium présent dans notre environnement n'est pas sans danger pour la santé.

Sels d’aluminium des déodorants et cancer du sein

En septembre 2016, deux chercheurs, Stefano Mandriota et André-Pascal Sappino, ont montré que les sels d'aluminium présents dans les déodorants pouvaient induire des tumeurs mammaires chez des souris. Dans ces travaux parus dans International Journal of Cancer, des cellules mammaires de souris transformées avec des sels d'aluminium conduisaient à la formation de tumeurs et de métastases après avoir été injectées chez la souris.

Précédemment, dans une autre étude datant de 2012, ces chercheurs avaient montré que les sels d'aluminium pouvaient transformer des cellules mammaires humaines in vitro. Ces travaux invitent donc à la plus grande prudence quant à l'utilisation des déodorants contenant des sels d'aluminium.

Aluminium de l’environnement et risque de démences

Des études épidémiologiques lancées dans plusieurs pays (certaines encore en cours) mettent en évidence une forte probabilité de risque lié à l'utilisation de sels d’aluminium dans le traitement industriel des eaux potables. L'accroissement du risque est d'autant plus élevé que la population est âgée ou de santé fragile.

En novembre 2003, un rapport d'études, effectuées par cinq groupes de travail missionnés par la Direction générale de la santé, conclut à une augmentation du risque de démence ou de maladie d’Alzheimer (à hauteur de 1,5 à 2,5) pour une concentration hydrique d'aluminium supérieure à 100 ou 110 µg/litre. Pourtant, lors de la présentation à la presse, on annonce que la relation entre aluminium hydrique et maladie d'Alzheimer ne peut être retenue. Stupeur... Surtout à lire un passage dudit rapport expliquant que certains effets liés à une exposition chronique à l'aluminium peuvent être considérés comme avérés dans les pathologies suivantes : encéphalopathie, troubles psychomoteurs, atteintes du tissu osseux, etc.

En février 2004, le toxicologue Henri Pezerat déclare, à propos des polluants présents dans l'alimentation : « La toxicité de l'aluminium ne peut être fonction de la quantité totale ingérée... car il existe des centaines de complexes possibles avec d'autres substances toxiques... ». Ce scientifique énonce au moins quatre éléments de preuve mettant directement en cause le métal, corroborés par des analyses dans le cadre d'autopsies. Et de préciser : « Les premiers signes de toxicité liés à une exposition chronique à l'aluminium ont été révélés en milieu professionnel et chez les patients hémodialysés. » Il paraît donc pertinent de vérifier si la poudre d’aluminium respirée ou ingérée par des maçons travaillant régulièrement le béton cellulaire présente des risques sanitaires. Il est à noter qu'Henri Pezerat écorne au passage l'OMS, organisme qu'il estime « fortement influencé par les experts au service de l'industrie ».

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