Santé

Des nanofibres pour soigner le cœur

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A l'aide de longues chaînes moléculaires, une équipe américaine a favorisé la réparation du muscle cardiaque chez la souris, et ouvert de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Des nanofibres liées à des molécules stimulant la croissance des vaisseaux sanguins : c'est l'outil mis au point par le chimiste Samuel Stupp et son équipe de la Northwestern University à Evanston (Illinois). L'an dernier, cet ustensile moléculaire avait fait ses preuves sur la cornée de souris. Cet été, il a récidivé de manière plus spectaculaire sur des souris chez lesquelles avaient été induites des attaques cardiaques ayant provoqué des lésions.

Sur les vingt animaux de l'expérience, dix ont reçu cette injection de nanofibres tandis que les autres ont reçu soit des facteurs de croissance stimulant la régénération de vaisseaux, soit rien du tout. Résultat : le cœur des souris ayant bénéficié des nanofibres a recouvré des capacités de pompage égales à celles des souris normales alors que les autres en avaient perdu la moitié.

Sur la fibre composée de peptides amphiphiles s'accrochent des filaments d'héparine. Sur elle viendront se fixer des facteurs de croissance naturellement produits par l'organisme. Immobilisés, ils seront alors plus efficaces.

Nanostructure d'accueil pour facteur de croissance

Véritable bricolage nanométrique, ces nanofibres fonctionnent comme une fusée à trois étages. Le premier est constitué de peptides (petites protéines) aux propriétés amphiphiles, c'est-à-dire capables de se lier à l'eau aussi bien qu'aux corps gras. Celles concoctées par l'équipe de Samuel Stupp forment spontanément des fibres minuscules de 6 à 7,5 nanomètres de diamètre.

Deuxième étage : l'héparine, protéine bien connue, aux propriétés anticoagulantes appréciées des malades atteints de thrombose ou des personnes longtemps alitées. L'équipe a trouvé le moyen de l'accrocher aux fibres.

Troisième étage : des facteurs de croissance fabriqués par l'organisme lui-même et chargés de favoriser l'angiogénèse, c'est-à-dire la création de nouveaux vaisseaux sanguins. Or, l'héparine a cette capacité de se lier aux facteurs de croissance ayant de telles propriétés angiogéniques. Ces derniers se trouvent donc au final embarqués sur les nanofibres.

Justement, les chercheurs ont noté que, sans ces fibres, les facteurs de croissance s'éloignent rapidement des zones lésées pour se disperser dans le système sanguin. Accrochés à leurs nanofibres, ils restent plus longtemps sur place. D'où une action plus efficace.

Début septembre, l'équipe a annoncé au dernier congrès de l'American Chemical Society que les mêmes nanofibres accélèrent la cicatrisation chez le lapin. L'espoir d'une nouvelle thérapie est donc réelle.

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