La santé ou la silhouette sont les principales motivations pour entreprendre une activité sportive. © Shutter2U, fotolia

Santé

Votre cœur change de forme selon vos activités

ActualitéClassé sous :médecine , Espace , danger des voyages spatiaux

Chacun a ses raisons lorsqu'il démarre ou pratique une activité physique toutefois, les deux motivations majeures sont généralement la santé ou la silhouette. Et il n'y a pas que votre corps qui change d'apparence en fonction de votre niveau d'activité physique. Votre coeur s'adapte lui aussi. 

Ce n'est plus un secret depuis longtemps, faire du sport est bénéfique pour notre santé et peut même être utilisé en tant que thérapeutique sur ordonnance depuis 2017. En plus de cela, pratiquer une activité physique est souvent le moyen pour tout un chacun de garder la ligne et de conserver un poids de forme où il se sent bien. On savait déjà que le coeur des astronautes, par exemple, changeait de forme dans l'espace, augmentant leur risque de maladie cardiovasculaire. À l'inverse, chez les sportifs d'endurance, le coeur devient plus large, avec des ventricules plus allongés, lui permettant de pomper plus de sang et pour plus longtemps selon une nouvelle étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Science.

Pour muscler son coeur, il faut être actif

Les chercheurs ont réalisé une expérience sur 160 adultes, ayant tous des activités différentes : des coureurs de longues distances, des footballeurs américains, des fermiers amérindiens réputés pour leur capacité d'endurance hors norme, et des adultes sédentaires. Pour avoir encore plus de données de comparaison, quarante-trois chimpanzés ont été conviés à la fête. Des différences notables ont pu être remarquées chez tous ces individus. Chez ceux pratiquant une activité d'endurance, le coeur devient plus large et s'allonge afin de pomper de plus en plus de sang tandis que chez les sportifs ayant une activité demandant des efforts à haute intensité en intervalle, voient leurs vaisseaux se rétrécir. Cela s'explique par les besoins spécifiques de chaque effort sportif.

En pratiquant une activité sportive, il n'y a pas que l'apparence physique qui change, celle du cœur aussi se modifie selon l'intensité et la régularité de l'activité. © Kuebi, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Le sport : un rempart contre les problèmes cardiovasculaires

En plus de ces effets contre la douleur, la dépression et de multiples affections pathologiques, le sport permet de modifier l'anatomie de votre coeur et donc de vous aider à vivre plus longtemps en meilleure santé. En effet, les auteurs s'accordent à dire que la structure cardiaque des coureurs d'endurance permet de prévenir les problèmes de tension artérielle que rencontre une grande partie de la population. Bien sûr, la sédentarité, si elle est responsable en partie de ces problèmes vasculaires n'est pas la seule fautive. Le mode de vie dans son ensemble et surtout la consommation d'aliments ultra-transformés de façon chronique et excessive participe grandement à favoriser l'émergence de ces problèmes de santé de plus en plus courants.

  • Le sport est bénéfique pour la santé et pour la silhouette corporelle mais aussi pour la « silhouette » cardiaque.
  • Les personnes pratiquant un sport d'endurance ont un coeur plus large, des ventricules allongés qui leur permettent de pomper plus de sang, plus longtemps.
  • La pratique sportive, surtout celle d'endurance, serait un puissant rempart contre les problèmes de pression artérielle, couplé à une alimentation saine.
Pour en savoir plus

Le coeur des astronautes change de forme dans l’espace

En situation de microgravité, le myocarde des astronautes finit par s'arrondir et pourrait engendrer des complications cardiovasculaires. Un paramètre à prendre en compte le jour où des hommes et des femmes prendront la direction de Mars, par exemple.

Quelles conséquences pour la santé que de quitter l'atmosphère et la gravité terrestres ? La question interroge la Nasa, bien décidée à prendre un maximum de précautions avant d'envoyer des êtres humains dans l'espace pour de longs voyages et se livre depuis un moment à diverses expériences. Les scientifiques ont par exemple pu noter les dangers des rayonnements ionisants ou l'atrophie musculaire, d'ailleurs compensée par la pratique d'une activité physique.

Et parmi nos muscles, il y en a un qui ne doit pas connaître la crampe : le cœur. Or, une étude présentée lors de la 63e conférence annuelle de l'American College of Cardiology (ACC, Washington D.C.) suggère que notre myocarde pourrait souffrir des mêmes maux. Un travail important tandis que certains projets spatiaux prévoient d'envoyer des hommes et des femmes sur Mars dans la prochaine décennie.

Une fois en très haute altitude, lorsque le corps est en situation d'apesanteur, le cœur n'a plus besoin de s'investir autant pour distribuer le sang à toutes les régions de l'organisme, notamment au sommet du crâne, puisqu'il n'a plus à lutter contre la force de gravité. Or, un muscle moins actif perd de sa puissance et de son efficacité.

Faire le cœur rond

Ainsi, James Thomas, spécialiste de l'imagerie médicale à l'agence spatiale états-unienne a confié à 12 astronautes une mission particulière lors de leur passage à bord de la Station spatiale internationale (ISS) : ils devaient passer des échographies avant leur voyage, pendant leur séjour ou à leur retour sur Terre afin d'évaluer les variations morphologiques du myocarde au cours du temps.

Dans l’espace, le cœur travaille moins. Il faut donc continuer à le faire fonctionner à forte puissance pour ne pas risquer le trouble cardiaque une fois de retour sur le plancher des vaches. Ou des Martiens. © Oliver Burston, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les résultats sont concluants : au cours de leur séjour à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de la surface de la Terre, le myocarde s'est déformé. Pour être plus précis, il s'est arrondi de 9,4 %. Des paramètres très proches des évaluations réalisées au préalable par des modèles mathématiques et supposés liés à son ralentissement. Un phénomène qui disparaît très vite une fois de retour sur le plancher des vaches et qui pourrait expliquer certains étourdissements ou malaises ressentis par des astronautes après leur retour, du fait d'une tension artérielle basse.

Du sport à tous les étages

En revanche, ces données ont été établies lors de voyages courts. Qu'en est-il après une odyssée de 18 mois, la durée minimale d'une mission sur Mars ? Les scientifiques l'ignorent. Néanmoins, ils peuvent désormais se risquer à les évaluer en recourant à des simulations, étant donné la validation de la pertinence des modèles utilisés.

Les conclusions d'une telle investigation devraient permettre aux spécialistes de développer un programme d'activité physique pour maintenir une activité cardiaque suffisante, et ainsi éviter de graves conséquences sanitaires lorsque les corps seront de nouveau soumis à la gravitation. Cependant, un tel régime sportif pourrait ne pas seulement concerner une élite. Il bénéficierait également à ceux qui restent sur Terre et qui souffrent de handicaps physiques paralysants, afin qu'ils puissent bénéficier des bienfaits du sport sur la santé.

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