Le vaccin contre la Covid-19 de Pfizer. © pridannikov, Adobe Stock
Santé

La plus grande étude sur la sécurité du vaccin Pfizer livre ses conclusions

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[EN VIDÉO] Pourquoi avons-nous plus peur des vaccins que des médicaments ?  Près d’un Français sur quatre refuse de se faire vacciner. La plupart des gens n’ont pourtant aucune réticence à avaler des médicaments. D'où vient cette différence ? 

À partir des données recueillies auprès de la population israélienne, le Clalit Research Institute livre une étude de grande ampleur sur la sécurité du vaccin Pfizer et réaffirme les bénéfices de la vaccination.

Le Clalit Research Institute en Israël, avec l'aide de l'université d'Harvard, a analysé l'une des bases de données médicales les plus fournies du pays pour réexaminer la sécurité du vaccin de Pfizer. Les essais cliniques de phase 3 sont soumis à des règles strictes et les cohortes de volontaires ne sont pas toujours représentatives de la population naturelle.

De plus, ils sont limités par la taille et ne sont pas assez puissants pour mettre en lumière certains effets secondaires très rares ou propres à une catégorie d'âge. C'est ce qu'il s'est passé pour la myocardite. Aucun cas n'avait été détecté lors des essais cliniques de phase 3 des quatre vaccins autorisés. Les cas ont été rapportés après coup, lorsque le vaccin a été largement administré dans la population générale.

Ici, ce sont 1,7 million de données médicales anonymes, collectées par le Clalit Health Service, le principal organisme de santé d'Israël, qui ont été étudiées pour estimer le risque relatif d'apparition d'un événement secondaire suite à la vaccination dans une population naturelle.

La vaccination augmente le risque de certaines affections...

Les scientifiques ont procédé comme suit. Chacune des 884.828 personnes vaccinées s'est vue attribuer un « match », une personne non vaccinée au profil socio-démographique équivalent. Chaque duo a été suivi pendant 42 jours. Si une personne reçoit le vaccin durant le suivi, elle passe dans le groupe vaccinal et on lui attribue un nouveau match. L'étude se focalise donc sur les effets secondaires post-vaccinaux à moyen terme. Les réactions directement liées à l'injection du vaccin, comme la fièvre, les douleurs musculaires et les érythèmes n'ont pas été suivies, tout comme les effets à long terme.

Leurs résultats indiquent que la vaccination est liée à un risque accru de myocardite (2,7 cas pour 100.000 vaccinés), d'appendicite (5,0 cas pour 100.000 vaccinés), d'une résurgence du virus de l'herpès (15,8 cas pour 100.000 vaccinés) et de lymphadénopathie, ou plus simplement des ganglions lymphatiques gonflés (78,4 cas pour 100.000 vaccinés).

La comparaison du nombre de cas pour 100.000 personnes de différentes affections entre les personnes vaccinées et infectées par la Covid-19. © Noam Barda et al. NEJM

...et le SARS-CoV-2 plus encore

La vaccination et ses risques associés sont à mettre en parallèle avec cette période pandémique où le risque d'être infecté par le SARS-CoV-2 est important. Le Clalit Research Institute a donc comparé le risque relatif d'apparition des mêmes effets secondaires entre des personnes infectées par le SARS-CoV-2 et des personnes non infectées. Comme précédemment, chacun des 173.106 infectés a été suivi en même temps qu'un non-infecté au profil similaire.

Il apparaît que parmi les effets secondaires du vaccin Pfizer, seul le risque relatif de myocardite est plus important chez les infectés, 11 cas pour 100.000. La Covid-19 ne semble pas augmenter le risque d'appendicite, de résurgence du virus de l'herpès ou de lymphadénopathie.

En revanche, le virus augmente significativement le risque d'autres conditions que la vaccination ne déclenche pas et qui sont bien plus sévères. On peut citer, l'arythmie cardiaque, les thromboses veineuses profondes, les embolies pulmonaires ou encore des lésions rénales.

Si le vaccin augmente bien l'incidence de certains effets secondaires, ils sont pour la plupart modérés, en dehors de la myocardite qui peut représenter un risque réel pour la santé. Ce problème est le plus fréquent chez les hommes jeunes, une population pour laquelle le pronostic est bon.

Au contraire, comme le notent les scientifiques dans leur étude, « l'infection par le SARS-CoV-2 est elle-même un facteur de risque très important de myocardite, elle augmente considérablement le risque de plusieurs autres événements indésirables graves ».

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