Le cocktail d'anticorps de Regeneron pourrait-il devenir une alternative à la vaccination ? © vipman4, Adobe Stock
Santé

Le médicament Regen-Cov® est-il une alternative aux vaccins contre la Covid-19 ?

ActualitéClassé sous :vaccin anti-Covid , Coronavirus , vaccin contre le coronavirus

La recherche contre la Covid-19 avance à une vitesse incroyable ! Chaque semaine ou presque, un nouveau médicament voit le jour. Aujourd'hui, c'est au tour du laboratoire Regeneron de présenter les résultats prometteurs de son médicament Regen-Cov®, qui est une combinaison de deux anticorps monoclonaux (casirivimab et imdevimab). Ces deux anticorps ont été spécifiquement conçus pour neutraliser la protéine Spike du virus.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Quels sont les traitements existants contre la Covid ?  Plus de 4.500 études sont actuellement en cours pour des traitements anti-Covid. Aucun médicament miracle n'a encore été trouvé, mais il existe des pistes prometteuses. © Futura 

Un essai clinique randomisé, en double aveugle, de phase III a été mené pour évaluer l'intérêt d'une dose unique du médicament (n=841) versus placebo (n=842). Le critère de jugement principal était la prévention de la contamination par le SARS-CoV-2 chez des sujets non infectés cohabitant avec des sujets infectés. Pour être inclus dans l’étude, les personnes devaient n'avoir jamais contracté le SARS-CoV-2 (sérologie négative) et devaient habiter avec une personne contaminée, dont le diagnostic datait de moins de 96 heures. La dose unique, composée de 1.200 mg, était répartie en quatre injections sous-cutanées. La proportion de patients vaccinés était de 34,5 % dans le groupe traité et de 35,2 % dans le groupe contrôle.

Risque de contamination diminué de 81,4 % : une protection immédiate…

Les auteurs se sont intéressés au nombre de participants qui ont, dans le mois suivant l'injection, développé une forme symptomatique de la maladie avec une confirmation de la contamination par un test RT-qPCR en laboratoire. Durant les deux premiers mois de l'essai, tous les participants étaient testés de façon hebdomadaire. Durant les six mois suivants, les patients n'étaient testés que s'ils présentaient des symptômes de la maladie. Des premiers résultats ont été publiés dans le prestigieux New England Journal of Medecine (NEJM) au mois d'août 2021. Un mois après l'injection, une administration unique du médicament de Regeneron permettait une diminution du risque de contracter la Covid-19 après la contamination d'un proche de 81,4 %.

Le Regen-Cov® s'administre en sous-cutané. © Drazen, Adobe Stock

…qui se prolonge dans le temps jusqu’à huit mois !

Les nouvelles données dévoilées aujourd'hui confirment l'efficacité du produit, non plus sur un mois mais sur huit mois ! En effet, l'administration du médicament réduit le risque d'être contaminé dans les huit mois suivant l'injection de 81,5 %. Par ailleurs, aucun patient du groupe traité n'a été hospitalisé tandis que six patients ont été hospitalisés dans le groupe placebo.

Le médicament de Regeneron permet donc :

  • une protection immédiate contre la contamination par un proche contaminé (résultats à un mois) ;
  • une protection pendant au moins huit mois contre la contamination par une personne moins proche (résultats à huit mois).

Sans surprise, le risque d'être contaminé par un proche contaminé est bien plus important que celui d'être contaminé par une personne moins proche. Dans le groupe contrôle, le taux de contamination dans le premier mois de l'étude était de 8,3 % tandis qu'il était de 0,6 % pour les mois suivants.

Le Regen-Cov® est déjà autorisé aux États-Unis pour les personnes de plus de 12 ans contaminées non hospitalisées et présentant au moins un facteur de risque de développer une forme grave de la maladie. C'est d'ailleurs le traitement qu'avait pris Donald Trump au moment où il a été contaminé !

Mais il n'est pas (encore) autorisé comme une alternative aux vaccins, ou en prophylaxie. Même si les vaccins représentent une arme puissante contre la pandémie, certaines personnes ne répondent pas. C'est le cas par exemple des immunodéprimés, population chez laquelle ce nouveau médicament pourrait être particulièrement intéressant.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !