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Vingtième journée mondiale du Sida : un bilan porteur d'espoir

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Ce premier décembre 2008 est déclaré Journée mondiale du Sida, vingtième du nom. C'est l'occasion d'une grande campagne d'information mais aussi de faire un point sur cette épidémie planétaire qui a déjà tué 25 millions d'êtres humains.

Chaque premier décembre, une piqûre de rappel contre le Sida, ce fléau planétaire. Logo créé par l'Onu.

En 1988, au sein d'un sommet international réunissant des ministres de la Santé du monde entier, est née l'idée d'une Journée mondiale du Sida annuelle pour relancer les campagnes d'informations dans tous les pays. A l'époque, l'épidémie de Sida commençait à atteindre un rythme de progression inquiétant, justifiant des mesures de prévention, de dépistage, de traitement et de recherche de grande envergure.

Vingt ans et 25 millions de morts plus tard, le bilan n'est pas celui d'une victoire mais des progrès incontestables ont été acquis. Un rapport de l'OnuSida, qui vient d'être publié, estime à 33,2 millions le nombre de personnes porteuses du VIH dans le monde (l'étude, plus précisément, indique une fourchette entre 30,6 et 36,1 millions), soit une légère augmentation par rapport 2006. En revanche, 2,1 millions de décès lui sont imputés pour année 2007 confirmant une régression amorcée en 2005, année où l'estimation du nombre de décès atteignait 2,8 millions. De même, le nombre de nouveaux cas enregistrés est en baisse. Le pic de l'épidémie a été atteint à la fin des années 1990, avec environ trois millions de nouveaux cas par an alors qu'il est estimé en 2007 à 2,5 millions.

Le nombre de personnes porteuses du VIH continue d'augmenter mais la progresse ralentit et le nombre de nouveaux cas dépistés diminue depuis 2005. © OnuSida

Des actions efficaces mais qu'il faut poursuivre voire renforcer

Les efforts consentis semblent porter leurs fruits. En Namibie par exemple, et toujours selon l'OnuSida, 1% seulement des malades étaient traités en 2001 contre 88% en 2008. Mais l'Afrique subsaharienne continue de payer le plus lourd tribut, concentrant en 2007 plus des trois quarts des décès dus au Sida dans le monde.

En France, un rapport de l'InVS (Institut de veille sanitaire), publié aujourd'hui premier décembre, confirme que la maladie ralentit sa progression. En 2007, 5,03 millions des tests de dépistage ont été effectués, permettant de diagnostiquer 6.500 cas de séropositivité, contre 7.500 en 2006. Prudents, les auteurs de l'étude rappellent qu'une baisse du nombre de tests positifs ne prouve pas que le nombre de contaminations a réellement diminué. Selon eux, les risques ont même augmenté chez les homosexuels masculins, à cause, semble-t-il, d'un relâchement sur la prévention. La tendance générale à la baisse en France apparaît due à la diminution du nombre de cas chez les personnes d'origine étrangère, pour une raison mal expliquée (baisse du flux migratoire, régression de la maladie dans les pays d'origine...).

Ces chiffres plutôt bons ne doivent pas pour autant inciter à relâcher les efforts de prévention et d'information, comme en témoigne le regain observé chez les homosexuels. Sur le plan scientifique, un immense chemin reste à parcourir pour comprendre et soigner cette maladie. Le récent prix Nobel de médecine décerné à Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi vient souligner l'importance accordée à cet effort de recherche.

A l'occasion de cette journée mondiale, toutes les associations se mobilisent pour renforcer leurs campagnes et Carla Sarkozy est devenue ambassadrice mondiale pour la protection des mères et des enfants contre le Sida.

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