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Traiter l’anorexie avec la stimulation cérébrale profonde ?

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Un essai clinique portant sur six patientes atteintes d'anorexie mentale a révélé que l'implantation d'électrodes dans le cerveau, grâce à une technique appelée stimulation cérébrale profonde, pouvait s'avérer bénéfique dans certains cas. Même s'il peut y avoir de graves effets indésirables...

L'anorexie est une maladie qui frappe souvent des adolescentes, avec des conséquences parfois dramatiques. © habacuc_1988, Flickr, cc by nc sa 2.0

L'implantation d'électrodes dans le cerveau pourrait permettre d'améliorer l'état de certains patients atteints d'anorexie grave incurable, selon une étude préliminaire publiée jeudi dans la revue médicale britannique The Lancet. La technique a été utilisée à titre expérimental par des chercheurs américains et canadiens sur six patientes âgées de 24 à 57 ans, dont trois ont montré des signes d'amélioration, notamment en terme de poids, neuf mois après l'intervention, précise l'étude.

La stimulation cérébrale profonde, qui consiste à implanter des électrodes dans le cerveau lors d'une petite intervention chirurgicale, est déjà utilisée pour traiter des malades atteints de Parkinson, de douleurs chroniques, ou de troubles obsessionnels compulsifs (Toc), mais cette technique n'avait encore jamais été utilisée pour l'anorexie, un trouble grave du comportement alimentaire, notent les auteurs.

Des études l'ont montré : les personnes atteintes d'anorexie mentale ne se voient pas telles qu'elles sont. Lorsqu'elles se regardent dans le miroir, elles se perçoivent plus grosses qu'elles ne sont le réellement. © Luaxan, deviantart.com, cc by 3.0

Des électrodes cérébrales qui font reprendre du poids

Au-delà de la prise de poids, la moitié des patientes traitées ont également enregistré une amélioration de l'humeur ainsi qu'une réduction des TOC. « Cette amélioration de l'humeur et de l'anxiété chez des patientes affichant un poids insuffisant est particulièrement frappante, alors que ces malades répondent généralement mal aux thérapies médicamenteuses ou aux psychothérapies », relève Andres Lozano, un neurochirurgien de l'université de Toronto qui a coordonné l'étude.

L'étude, destinée à examiner la sécurité de la procédure, a cependant fait apparaître un effet secondaire grave chez une patiente qui a présenté des convulsions deux semaines après l'intervention, en lien avec un trouble du métabolisme.

Une alternative au traitement de l’anorexie mentale incurable

L'anorexie mentale est une pathologie qui touche principalement les adolescents, et plus particulièrement les jeunes filles de 15 à 19 ans. Mais plus de 20 % répondent mal aux traitements existants et courent le risque de décéder prématurément.

« Il est impératif de trouver de nouveaux traitements efficaces pour ces malades », écrivent Janet Treasure et Ulrike Schmidt du King's College de Londres dans un commentaire joint à l'article. Tous deux se félicitent également du fait que le traitement améliore les symptômes psychologiques et n'est « pas juste un autre traitement destiné à faire grossir les patients sans qu'ils se sentent mieux ».

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