De la résine d’abeille contre le cancer ? La propolis, utilisée dans les remèdes naturels depuis plusieurs siècles, peut arrêter la croissance des tumeurs de la prostate. Elle pourrait être utilisée en complément des thérapies actuelles maintenant que ses effets au niveau cellulaire sont mieux cernés.
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« Si les abeilles venaient à disparaître, l'humanité n'aurait plus que quatre années devant elle. » Cette phrase célèbre et apocryphe, accordée à tort à Albert EinsteinEinstein, prend encore plus de sens aujourd'hui. La propolis, une substance résineuse récoltée par les abeilles butineuses et utilisée par ces insectesinsectes pour colmater les interstices dans leur ruche, pourrait en effet soigner les humains, si l'on en croit les travaux de chercheurs de l'université de Chicago. Ce remède naturel ancestral, dont on se servait contre les maux de gorge et autres problèmes otorhinolaryngologiques, pourrait bloquer la croissance des tumeurstumeurs prostatiques.

Dans une étude publiée dans Cancer Prevention Research, les scientifiques se sont surtout focalisés sur l'un des composés de cette propolispropolis, appelé phénéthylester d'acideacide caféique (CAPE). Cette moléculemolécule était plus ou moins connue pour posséder des propriétés antimitogène et anticancérigène, ses effets au niveau cellulaire restant cependant flous. Mais tout cela commence à se préciser.

Le CAPE renforcera-t-il les traitements contre le cancer de la prostate ?

Dans un premier temps, trois lignées de cellules de cancer de la prostate humaine en culture ont été soumises à un traitement au CAPE. Même à faible dose, la croissance s'en est trouvée fortement ralentie et la prolifération stoppée. Des greffonsgreffons de cellules tumorales prostatiques humaines ont ensuite été placés chez des souris. Chez les rongeurs ayant suivi un régime alimentaire enrichi en CAPE, là encore, la tumeur a eu du mal à croître, grossissant deux fois moins vite qu'à l'accoutumée. Dès que le traitement était arrêté, elle retrouvait son taux de croissance originel.

Des cellules de cancer de la prostate, comme celles-ci vues au microscope électronique à balayage, deviennent incapables de croître au contact du CAPE. Si l'on peut contrôler une tumeur, on pourra limiter la mortalité du cancer le plus fréquent chez l'homme. © Annie Cavanagh, Wellcome Images, images.wellcome.co.uk, cc by nc nd 2.0

Des cellules de cancer de la prostate, comme celles-ci vues au microscope électronique à balayage, deviennent incapables de croître au contact du CAPE. Si l'on peut contrôler une tumeur, on pourra limiter la mortalité du cancer le plus fréquent chez l'homme. © Annie Cavanagh, Wellcome Images, images.wellcome.co.uk, cc by nc nd 2.0

Le CAPE ne détruit donc pas le cancer de la prostate, il le ralentit. Un constat intéressant, mais le fonctionnement reste à élucider. Grâce à une technique novatrice, baptisée micro-Western array, on commence à mieux cerner ses mécanismes d'action. Il s'agit de scannerscanner des centaines de protéinesprotéines différentes avec des anticorpsanticorps, à travers un large spectrespectre de voies de signalisation associées à différents événements. Cela permet une vue d'ensemble sur les processus concernés et affectés par le CAPE.

Les scientifiques ont remarqué que la protéine 70S6 kinasekinase et la voie de signalisation Akt étaient inhibées. Or, toutes deux jouent un rôle fondamental auprès des cellules tumorales, leur indiquant en temps normal la présence de ressources pour croître et se multiplier. En bloquant leur activité, le CAPE donne donc l'illusion aux cellules cancéreuses qu'elles n'ont plus rien à manger.

La propolis et les autres

Pour une quelconque efficacité dans un traitement contre le cancer, la molécule doit absolument être combinée à des traitements qui détruisent les tumeurs. Cependant, elle peut largement retarder la progression de la maladie et laisser davantage de temps à la médecine pour détruire définitivement la grosseur.

Mais tout ceci n'est encore que théorique. Les auteurs comptent passer à la pratique et entamer un essai cliniqueessai clinique pour s'assurer que la propolis, et surtout la CAPE, agit effectivement chez l'Homme. Ils invitent aussi la communauté scientifique à creuser davantage les propriétés thérapeutiques de certains remèdes ancestraux, trop souvent négligés par les études selon eux parce qu'on ignore leur mécanisme d'action. La nature a sûrement beaucoup à nous révéler.