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Nanomédecine : un nouvel espoir contre la malaria

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Suite à des travaux menés en nanomédecine par des chercheurs suisses, une nouvelle stratégie pour lutter contre le paludisme vient d'émerger. Les nanomatériaux qu'ils ont créés miment la paroi des globules rouges et parviennent à capturer les parasites responsables de la malaria. Cette annonce ouvre des perspectives pour de nouveaux traitements des maladies parasitaires.

Cette vue d'artiste montre après maturation des parasites du paludisme (en jaune) quittant un globule rouge infecté et qui sont ensuite efficacement bloqués par des nano-imitations de la membrane des globules rouges (en bleu). © Swiss TPH

Les transhumanistes attendent des miracles de la nanomédecine. Il semble pourtant douteux que la nanotechnologie soit jamais au niveau des performances montrées dans le court métrage Ambition de l'Esa. Mais elle commence déjà à avoir des applications prometteuses pour la santé humaine. À côté des nanoparticules pouvant servir de traitement ciblé contre le cancer, les chercheurs explorent aussi les possibilités offertes par des « nano-imitations » de membranes cellulaires pour lutter contre la malaria. Cette stratégie basée sur des sortes de leurres pour tromper les parasites du paludisme a été développée par des membres de l'université de Bâle et l'Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH). Leurs résultats ont été publiés dans un article de ACS Nano.

Pour comprendre ce que les chercheurs ont réalisé, commençons par rappeler que le paludisme (du latin paludis, « marais »), aussi appelé malaria (de l'italien mal'aria, « mauvais air »), est une maladie causée par des parasites. Il s'agit de protozoaires du genre plasmodium qui infectent les globules rouges humains. Ils sont transmis par des piqûres de moustiques, les anophèles. La forme la plus virulente du paludisme est provoquée par Plasmodium falciparum. Ces parasites se logent dans les cellules sanguines qu'ils détruisent au bout de 48 h pour se loger ensuite dans de nouveaux globules rouges hôtes. Pour ce faire, les parasites doivent commencer par se fixer sur des récepteurs, comme on dit en biochimie. En l'occurrence, il s'agit de protéines de la membrane cellulaire.

À l'origine du paludisme, Plasmodium falciparum, se transmet de l'anophèle (un moustique) à l'Homme via la salive de l'insecte.

À l'origine du paludisme, Plasmodium falciparum, se transmet de l'anophèle (un moustique) à l'Homme via la salive de l'insecte. © Ute Frevert, Wikipédia, cc by 2.5

Un traitement contre d'autres infections parasitaires

Afin d'interrompre ce cycle, les membres des groupes de recherche dirigés par les professeurs Wolfgang Meier, Cornelia Palivan (tous deux de l'université de Bâle) et Hans-Peter Beck (Swiss TPH) ont donc réussi à produire des leurres qui sont confondus avec d'authentiques cellules par le parasite. Il s'agit de vésicules formées d'un polymère avec des récepteurs attachés à leur surface. Or, ces « nanomimics », comme on les appelle en anglais, ont le pouvoir de retenir définitivement le plasmodium. Non seulement le cycle qui est associé à ce parasite est-il bloqué mais celui-ci est désormais plus vulnérable à l'action du système immunitaire.

Les résultats obtenus sont encourageants à plusieurs titres. En effet, il existe bien d'autres maladies causées par des parasites devant lesquelles les médecins sont dépourvus de vaccins. D'autres nanomimics adaptés à tel ou tel parasite sont sans doute envisageables et pourraient être tout aussi efficaces. Les conditions de vie de bien des personnes sur la planète pourraient ainsi en être changées. Rien que pour le paludisme, on dénombre plus de 200 millions de malades dans le monde dont 600.000 décèdent chaque année.

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