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Des bactéries sur les aliments inquiètent l'Europe

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De dangereuses bactéries présentes sur des fruits et des légumes seraient à l'origine de plus de 200 cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques, parfois mortels. L'Allemagne, et plus globalement l'Europe, sont sur le qui-vive.

Des concombres contaminés pourraient être à l'origine de nombreux cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques en Europe. © Phovoir

Inquiétudes en Allemagne et ailleurs en Europe : les autorités sanitaires du pays signalent en effet une augmentation anormale de cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques. Au total, 214 cas ont été signalés depuis avril 2011. Des bactéries de type Escherichia coli(E. coli), provenant de l'alimentation pourraient être à l'origine de cette flambée. La France ne serait pas concernée. En revanche, des cas ont été signalés en Suède (10), au Danemark (4), Royaume-Uni (3) et Pays-Bas (1).

Les bactéries en question sont des STEC, pour Shiga-toxin-Producing Escherichia coli, les mêmes que celles à l'origine de la maladie du hamburger. Elles peuvent contaminer le tube digestif de l'Homme et de la plupart des animaux à sang chaud. Comme le souligne l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), « parmi les STEC, un sous-groupe appelé "EHEC" (Escherichia coli entéro-hémorragiques) correspond à des bactéries isolées chez l'Homme. » Au moins trois décès seraient attribuables à cette épidémie selon l'Institut de veille sanitaire (INVS).

Des fruits et légumes contaminés par les bovins

Depuis Stockholm (Suède), les responsables de l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), nous précisent que la « majorité des cas rapportés en Europe sont concentrés en Allemagne ». Et plus précisément dans le Nord du pays, dans la région de Hambourg, en Basse-Saxe dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, un Länd allemand proche de la mer Baltique. « La Suède rapporte cependant un nombre de cas anormalement élevé de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques. Nous poursuivons nos enquêtes pour déterminer s'il existe un lien avec les cas recensés en Allemagne ».

D'après l'ECDC, « la contamination proviendrait de laitues, de concombres et de tomates souillées. Nous suivons l'évolution de la situation de très près grâce notamment à notre système d'alerte et de réponse rapide, EWRS » (pour Early Warning and Response System). La Commission européenne précise de son côté que les légumes en question - les concombres principalement - proviendraient d'Espagne. Et plus précisément des régions d'Almeria et de Malaga.

Chez l'Homme, « seules quelques bactéries peuvent suffire à déclencher l'infection ». Les principaux réservoirs de ces bactéries sont les bovins et les ovins. La contamination d'aliments d'origine animale intervient notamment à l'abattoir, en lien avec la traite en élevage ou lorsque les règles d'hygiène générale ne sont pas respectées. Pour les végétaux, elle peut intervenir lors de l'épandage à proximité des végétaux, d'effluents provenant d'élevages de ruminants. Ou également lorsque de l'eau contaminée est utilisée pour l'irrigation, notamment de cultures maraîchères. La contamination peut aussi se produire lors de la préparation des aliments, soit par contact avec un aliment souillé, soit du fait d'une mauvaise hygiène des mains ou des ustensiles utilisés.

Des maladies qu’il est possible d’éviter

Les personnes les plus sensibles à l’infection par ces bactéries sont les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans. Une contamination par des EHEC est susceptible d'entraîner une diarrhée sanglante, voire un syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez les enfants (dans environ 10 % des cas), et un purpura thrombotique et thrombocytopénique (PTT) chez les adultes. Ces deux maladies associent une destruction des globules rouges et une diminution du taux de plaquettes sanguines.

Comme le souligne l'ANSES, « le SHU est la principale cause d'insuffisance rénale du nourrisson. Elle est responsable de séquelles rénales graves dans un tiers des cas, pouvant éventuellement entraîner un décès. En France, depuis 1995 une centaine de cas de SHU, majoritairement liés à des STEC, est recensée par an, chez les enfants de moins de 15 ans ». 

Ces bactéries sont sensibles à la température. La cuisson est donc susceptible de les détruire au moins partiellement. Pour les légumes crus, un lavage particulièrement minutieux à l'eau claire est indispensable.

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