Santé

Bactéries entérohémorragiques : six cas en France

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Si l'origine exacte des cas d'infection par des bactéries E. coli entérohémorragique reste encore inconnue, le nombre de victimes ne cesse de progresser en Europe. En France, six personnes seraient tombées malades après un séjour en Allemagne, pays où l'on dénombre déjà au moins trois décès.

Des concombres ne sont peut-être pas à l'origine de l'épidémie de bactéries entérohémorragiques. D'autres fruits et légumes pourraient en être la source. © Phovoir
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Si l'épidémie d’infections à Escherichia coli producteurs de shiga-toxines (STEC) poursuit sa propagation à travers l'Europe, « les informations concernant la France sont à ce jour rassurantes », nous confirme Lisa King, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire (INVS).

« Nous avons recensé actuellement six patients qui, en France, présentent des diarrhées sanglantes après un séjour dans le Nord de l'Allemagne », souligne-t-elle. Elle insiste sur le fait qu'aucun d'entre eux « n'a été contaminé sur le sol français. Et aucun malade n'a développé de syndrome hémolytique et urémique (SHU) ». Lequel, rappelons-le, est une complication grave de ces infections à Escherichia coli.

Trois cents personnes ont présenté des symptômes

En Allemagne en revanche, la situation paraît évoluer d'heure en heure. « Outre-Rhin, les autorités signalent plusieurs centaines de personnes présentant une infection à STEC. Au moins trois cents souffriraient d'un SHU ». Par ailleurs, des journaux allemands et français annoncent dix décès, un chiffre qui n'est pas confirmé par les autorités sanitaires. « Pour l'heure, trois décès sont officiellement attribués à cette infection mais d'autres cas sont en cours d'étude », enchaîne Lisa King. « À priori, le nombre de morts pourrait augmenter au cours des prochaines heures ».

Outre l'Allemagne et la France donc, le Royaume-Uni, l'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse rapportent des infections à STEC. « Tous les cas touchent des touristes qui sont passés par le Nord de l'Allemagne, ou d'autres personnes qui ont des liens avec l'Allemagne ».

Les bactéries E. coli entérohémorragiques ont déjà provoqué au moins trois morts en Allemagne. © Idé

Les bactéries E. coli entérohémorragiques ont déjà provoqué au moins trois morts en Allemagne. © Idé

Des mystères persistent...

Quant à la source de la contamination, elle reste pour l'heure mystérieuse. « Nous n'avons pas de confirmation sur la source de l'épidémie. Je lis partout que des concombres seraient à son origine. Nous n'avons cependant aucune certitude, et nous savons juste qu'il s'agit d'un produit d'origine végétale. »

Lisa King insiste enfin sur le « caractère inhabituel de cette épidémie. D'une manière générale, les SHU frappent surtout les moins de 15 ans. Dans le cas présent, les victimes sont en majorité des adultes et plutôt des femmes ». Pourquoi ? C'est une autre question sur laquelle se penchent actuellement les scientifiques européens.

Les règles simples à suivre

En France, des consignes spécifiques ont été transmises aux médecins hospitaliers et libéraux. « Tous ceux qui ont diagnostiqué une diarrhée sanglante ou un SHU depuis le 20 avril 2011, chez des patients revenant d'Allemagne doivent faire remonter l'information », conclut Lisa King. Et si vous êtes dans ce cas, surtout, contactez votre médecin, sans attendre.

Rappelons enfin que la transmission de l’infection peut être prévenue par des gestes simples. Comme le fait d'éplucher et de laver soigneusement les légumes et les fruits (et de bien laver les herbes aromatiques), surtout s'ils sont consommés crus. Conservez également les aliments crus, « séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés » et de préférence dans des récipients hermétiquement clos. Un dernier point (pourquoi pas), suggéré cette fois-ci par... Légumes de France, les producteurs de légumes de France, « exigez l'origine France dans vos supermarchés et chez vos détaillants ». Même si la production artisanale n'est pas toujours une garantie en soi, il est vrai que faire traverser plusieurs fois l'Europe à des légumes produits à bas prix n'est pas forcément un plus...

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