L’Inserm souhaite que de l’activité physique soit prescrite systématiquement pour les personnes atteintes de maladies chroniques. © dusanpetkovic1, fotolia

Santé

Contre les maladies chroniques, l’Inserm recommande l’activité physique sur ordonnance

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Des millions de personnes atteintes de maladies chroniques devraient pouvoir systématiquement bénéficier de programmes d'activité physique adaptée, prescrite sur ordonnance, selon des experts.

Pour la multitude de patients de maladies chroniques (cancers, diabète, AVC, dépression, arthrose ou suite d'attaque cardiaque, etc.), il s'agit d'éviter, selon les cas, des hospitalisations, des récidives, voire d'augmenter leur survie ou plus simplement de réduire par la fréquence de symptômes (asthme), des douleurs (arthrose des membres inférieurs), bref d'améliorer la qualité de vie.

« L'activité physique doit être prescrite de façon systématique et aussi précocement que possible dans le parcours de soin » recommande, à propos des maladies chroniques étudiées, un groupe d'experts réunis par l'Inserm. Leur travail d'« expertise collective » assorti de recommandations (au total, 805 pages), demandées par le ministère des Sports, a été rendu public le 14 février.

Les experts recommandent également que « l'activité physique, soit prescrite -- avant tout traitement médicamenteux -- pour la dépression légère à modérée, le diabète de type 2 (le plus courant, ndlr), l'obésité », et l'artérite des jambes.

La réadaptation cardiaque fondée sur l’activité physique induit une baisse de 30 % de la mortalité d’origine cardiovasculaire, de 26 % de la mortalité totale et une diminution de 31 % du risque de réhospitalisation, d'après le rapport. © SerafinoMozzo, Istock.com

Des millions de personnes concernées

On sait qu'il convient de recommander une pratique régulière d'activité physique adaptée aux personnes atteintes d'une maladie chronique. Mais, « dire ''faites donc un peu d'activité physique'', ce n'est pas suffisant », souligne Béatrice Fervers, experte pour le cancer à Lyon. Les spécialistes préconisent de développer les partenariats avec les organisations de loisirs (fédérations sportives, clubs, associations...) pour accompagner les patients.

En cardiologie, « pour le post-infarctus, seulement 30 % des patients éligibles sont orientés en centre de réadaptation (réentraînement à l'effort) pour bénéficier de programmes adaptés, déplore Thibaut Guiraud. On manque de place, de structures, la prévention secondaire (une fois la maladie apparue, NDLR) est un luxe », dit à l'AFP cet expert du chapitre cardiovasculaire. D'où l'idée de développer des structures plus légères, en plus des centres.

La réadaptation cardiaque fondée sur l'activité physique induit une baisse de 30 % de la mortalité d'origine cardiovasculaire, de 26 % de la mortalité totale et une diminution de 31 % du risque de réhospitalisation, d'après le rapport. « Avec le vieillissement et l'allongement de l'espérance de vie, le nombre de personnes atteintes d'une ou plusieurs maladies chroniques ne cesse de s'accroître », constatent-ils. Elles concernent 20 millions de personnes et plus encore seraient à risque. Un risque favorisé par des habitudes néfastes (malbouffe, sédentarité, tabagisme...).

Pour le cancer du sein, d'après des études sur plusieurs centaines de milliers de patientes, l'activité physique entraîne une réduction d'environ 40 % de la mortalité globale, de 30-35 % la mortalité spécifique (liée à la tumeur) et de 25 à 30 % du risque de récidive et les chiffres sont à peu près équivalents pour le cancer du colon, selon le Dr Fervers. « On a tous les arguments aujourd'hui pour rembourser » ces prescriptions personnalisées d'activité physique, commente l'un des experts, Grégory Ninot. « Aux décideurs de trouver les meilleures solutions ».

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