La réponse immunitaire apparaît chez l'embryon dès le stade de la blastulation. © Tatiana Shepeleva, Adobe Stock
Santé

La réponse immunitaire apparaît bien plus tôt que vous ne le pensez !

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[EN VIDÉO] Les globules blancs  Les globules blancs, on connait tous à peu près leur utilité... mais il arrive parfois qu'ils perdent le contrôle ! 

Vous êtes probablement familiers avec la notion de système immunitaire, mais savez-vous quand celui-ci apparaît au cours du développement ? La réponse fournie par de récentes études est pour le moins impressionnante. 

Nous avons beaucoup entendu parler de système immunitaire dernièrement, et de la façon dont celui-ci apprend à lutter contre les invasions extérieures - plus spécifiquement contre le coronavirus. Nul doute, donc, que nos lecteurs seront parfaitement versés dans le fonctionnement de ce système de défense exceptionnel (si tel n'était pas le cas, nous les invitons à visionner la vidéo ci-dessus, qui leur en apprendra plus sur les globules blancs). Mais saviez-vous que la réponse immunitaire est présente dès les tout premiers stades de développement de la vie ? Avant même le nourrisson ou le fœtus, dans une sphère de cellules creuse qui porte le drôle de nom de blastula.

Un peu de vocabulaire

La blastula (ou blastocyste pour ce qui est du développement embryonnaire des mammifères) apparaît environ cinq ou six jours après la fécondation et marque le début de la différenciation cellulaire. Préparez-vous à découvrir tout un glossaire qui vous permettra de briller durant les dîners de famille (à distance). Alors qu'au stade précédent, la morula ne représente qu'une boule de 16 cellules pluripotentes sans distinction, sa blastulation entraîne un véritable chamboulement. La multiplication cellulaire s'accélère, et le trophoblaste (qui va former le placenta chez les mammifères) se différencie de la masse interne qui donnera naissance à l'embryon.

Apparaissent alors les cellules épithéliales. En plus de jouer un rôle crucial dans l'architecture de notre peau, des parois des vaisseaux sanguins et de celles de nombreux organes, ces corpuscules ont faim. En effet, les chercheurs ont observé que l'épithélium est particulièrement doué lorsqu'il s'agit de se débarrasser des cellules mourantes (dites apoptotiques) qui pourraient gêner l'embryogenèse. Ce phénomène de phagocytose est merveilleusement illustré ci-dessous.

Une cellule épithéliale dévore gloutonnement une cellule apoptique. © Hoijman et al., Nature, 2021

Un nettoyage efficace

D'autre part, il s'est avéré que les cellules épithéliales, loin d'être des pique-assiette, ont plutôt une fibre coopérative. Une nouvelle étude parue dans la revue Nature constate en effet qu'une cellule peut guider sa cible apoptotique vers d'autres cellules de l'épithélium qui se chargeront de l'éliminer, grâce à une protrusion décrite pour la toute première fois par les chercheurs. Ce système, observé chez les souris, permet d'accélérer le nettoyage, avec des résultats témoignant de sa féroce efficacité.

« Nos travaux pourraient avoir d'importantes applications cliniques en permettant un jour d'améliorer les méthodes de dépistage et les normes d'évaluation de la qualité des embryons utilisées dans les cliniques de fertilité », déclare Verena Ruprecht, du Centre de régulation génomique basé à Barcelone. Ils participeront également à mieux comprendre le développement de la réponse immunitaire et la manière dont celle-ci peut être stimulée à l'âge adulte.
 

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