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Avoir le sens du rythme confère de meilleures aptitudes au langage

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De nombreuses études établissent un lien entre la musique et le langage. Une nouvelle recherche montre qu'avoir le sens du rythme renforce l'encodage des sons de la parole dans le cerveau.

Le rythme d'une musique donne du sens à la mélodie, et savoir le tenir, renforce également certaines aptitudes directement liées au langage. © Max_thinks_sees, Flickr, cc by nc sa 2.0

On dit souvent que la musique est un langage universel, puisqu'elle nous parle sans même qu'on y mette des mots. Et de nombreux travaux scientifiques vont encore plus loin, en révélant que le quatrième art confère même de meilleures aptitudes à la parole. Par exemple, il a été montré que les musiciens distinguent mieux un discours au milieu d'une ambiance sonore que les non-initiés. D'autres ont établi un lien entre la capacité à la lecture et le sens du rythme.

Et il n'y a rien de vraiment surprenant à cela, puisqu'on sait que la rythmicité d'un discours oral aide à lui donner toute sa signification. Mais comment cela peut-il se matérialiser chez un individu ? Pour la première fois, des chercheurs de l'université Northwestern (États-Unis), dirigés par Nina Kraus, montrent que posséder le sens du rythme renforce la façon dont le cerveau encode les mots.

Les ondes cérébrales battent en rythme

Cette recherche, publiée dans le Journal of Neuroscience, a été menée auprès de 124 lycéens de Chicago. Elle a consisté en deux expériences. Dans la première, les adolescents devaient battre régulièrement du doigt sur une tablette en suivant le tempo d'un métronome. L'écart temporel entre les battements de l'individu et ceux de l'outil servait à évaluer l'aptitude à garder le rythme.

Grâce à l'électroencéphalographie, qui consiste en un jeu d'électrodes placées sur la tête, on peut lire l'activité électrique du cerveau. © Aschoeke, Wikipédia, cc by sa 3.0

Dans le second test, des électrodes étaient déposées sur le crâne des lycéens, équipés d'un casque qui diffusait toujours une seule et même syllabe : le son « da ». Par électroencéphalographie, la réponse du cerveau était enregistrée.

Il en ressort que les volontaires les plus réguliers pour battre la mesure présentaient également les profils d'ondes cérébrales les plus réguliers et les plus cohérents. En d'autres termes, ceux qui ont davantage le sens du rythme ont une réponse neuronale toujours identique à une même syllabe, tandis que pour les autres, on note plus de fluctuations.

Musique et langage sont indissociables

Pour conserver un tempo, il faut synchroniser différentes régions du cerveau, impliquées aussi bien dans l'audition que dans le mouvement. Les études précédentes s'étaient souvent focalisées sur cette seconde composante, négligeant souvent l'importance de l'écoute. Cette étude s'est intéressée aux deux aspects simultanément. Et conclut que les ondes cérébrales mesurées émanent d'un processus auditif, en lien étroit et réciproque avec des centres moteurs.

La pratique de la musique pourrait donc entraîner notre ouïe à purifier les sons, à renforcer le lien entre la sonorité et le sens, et ainsi faciliter la lecture, qui repose sur la façon d'associer des symboles (des lettres) formant des syllabes et des mots à des sons auxquels on accorde une signification. Indubitablement, rythme, musique et langage partagent donc de nombreuses caractéristiques.

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