Santé

Le 16 h : quand les bactéries se mettent à dessiner des portraits

ActualitéClassé sous :biologie , E2014 , 16h

Connaissez-vous la bactériographie ? Il s'agit d'un art inventé et maîtrisé par Zachary Copfer, capable de contraindre des bactéries à dessiner des portraits de célébrités. Plutôt intrigant...

Zachary Copfer, inventeur de la bactériographie, pose en tirant la langue, en imitant l’une de ces œuvres, inspirées de la célèbre photo d’Albert Einstein. © Zachary Copfer, capture d’écran depuis YouTube

Agro-alimentaire, épuration des eaux et des déchets, OGM, biologie synthétique... On exploite déjà les propriétés intrinsèques des bactéries à notre avantage dans de multiples domaines. Mais l'États-Unien Zachary Copfer, ancien étudiant de biologie et ancien travailleur de l'industrie pharmaceutique, recourt à ces êtres microscopiques dans un but plus créatif : l'art.

Grâce à elle, il dépeint des portraits de célébrités, parmi lesquelles figurent Albert Einstein et Charles Darwin, ou des dessins fantaisistes, comme un vélociraptor avec des oreilles de lapin. Pionnier, et resté pour l'heure sans adeptes, il a appelé son art la bactériographie. La vidéo ci-dessous révèle l'évolution de l'image au cours du temps, en vitesse accélérée. Comment fait-il ?

Dans cette vidéo, en vitesse accélérée, on assiste progressivement à la création d'un portrait par bactériographie. Il s'agit de celui de Stephen Fry, comédien britannique. © The Big Bang Fair, Youtube

Pour commencer, il dispose des bactéries colorées, comme la célèbre Escherichia coli, au fond d'une boîte de Petri. Elles occupent tout l'espace mais leur population n'est pas suffisamment dense pour qu'on les aperçoive. Puis, à partir d'une photographie d'une célébrité (ici, il s'agit de Stephen Fry, comédien britannique), il crée une copie par halftoning, générant une nouvelle image entièrement composée de points. Par un processus qu'il veut garder secret, il conçoit ensuite le négatif. Il obtient alors une représentation sur film transparent avec des régions claires et des régions sombres, qu'il dépose par dessus les bactéries précédemment déposées. Ce dessin fera en réalité office de pochoir.

Et du néant, un visage apparaît…

Il soumet ensuite la boîte de Pétri à des radiations durant une heure. Les bactéries situées dans les zones claires ne supportent pas le traitement et meurent. Ne subsistent que celles protégées derrière les points sombres. Placées deux jours dans un incubateur, elles vont pouvoir se multiplier et se densifier, à tel point que les colonies deviennent visibles à l'œil nu, et forment ainsi l'image désirée.

L'artiste ne peut s'arrêter là, car le vivant ne cesse de bouger, et les espaces vides ne manqueront pas d'être occupés. Alors, il place son œuvre d'art durant 48 heures au réfrigérateur, avant de finalement tuer toutes les bactéries encore vivantes par une nouvelle salve de radiations. Alors il entame le long processus de conservation, à base d'acrylique et de résine. Ainsi, ces œuvres, dignes du Pop Art des années 1960, peuvent garder leur teint et la finesse de leurs traits, bien des mois plus tard.

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