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Généralités et morphologie

Dossier - La tortue verte de l'océan indien
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Au niveau international, les tortues marines subissent une surexploitation inquiétante, certaines espèces sont menacées de disparition complète. Ce fait alarmiste a fait réagir les instances internationales.

  
DossiersLa tortue verte de l'océan indien
 

Sur les huit espèces de tortues de mer connues actuellement dans le monde cinq nous font l'honneur d'être présentes dans la région Sud-Ouest de l'Océan Indien, dont la tortue verte qui nous intéresse.

Tortue de l'océan indien. © U.S. Fish and Wildlife Service Southeast Region, Wikimedia commons, CC BY 2.0

La température de l'eau, entre 25 et 30 °C (exception faite pour la tortue luth qui se déplace jusqu'en Scandinavie), et la présence de plages de sable corallien ou volcanique pour que les femelles puissent pondre, semblent être les deux conditions essentielles à cette répartition géographique. Toutes ont des moeurs marines. Qualifiées de pélagiques à certains moments de leur vie, les femelles sont contraintes de venir à terre pour enfouir leurs œufs.

Sans rentrer dans une systématique compliquée, il convient de rappeler que les reptiles sont divisés en quatre ordres :

En tant que reptiles, les tortues sont ectothermes, c'est-à-dire que leur température corporelle est directement corrélée à celle du milieu extérieur. Nous retrouverons cette caractéristique dans la stratégie de reproduction, immuable depuis la nuit des temps. Leur système respiratoire, uniquement pulmonaire, correspondait à une adaptation complète à la vie terrestre. Ce caractère a été légué aux tortues marines après leur retour au milieu aquatique. Leur peau est recouverte d'écailles.

Tortue Verte gros plan © Photo Philippe Mespoulhé, DR

L'ordre des chéloniens est un groupe très ancien qui émerge au Trias, il y a quelque 230 millions d'années. C'est à partir d'un ancêtre commun répondant au doux nom de Proganochelys que l'on observe une radiation qui donnera naissance à tous les chéloniens (environ 260 espèces connues actuellement). Les tortues marines font leur apparition il y a 80 millions d'années. Après quelques 150 millions d'années de vie terrestre et d'essais de colonisation des milieux aquatiques, un retour aux océans s'effectuent avec tous les caractères adaptatifs liés à cet élément liquide.

Les tortues marines sont séparées en deux familles les cheloniidae et les dermochelyidae. De manière simplifiée, la première correspond aux tortues marines possédant des écailles (7 espèces) et la deuxième à celles dont le corps est uniformément recouvert d'une peau ressemblant à du cuir dont la tortue Luth (Dermochelys coriacea ) (LINNE, 1758) est l'unique espèce.

Les tortues marines ont donc évolué à partir d'un groupe d'animaux terrestres. Sous les contraintes du milieu marin, leur corps et leur comportement se sont adaptés : squelette allégé, membres transformés en palettes natatoires et en gouvernail, locomotion facilitant l'hydrodynamisme (carapace aplatie), hyperfonctionnalité des poumons permettant des apnées remarquables (en temps et en profondeur), vision adaptée...

La carapace des tortues, typiques de ce groupe, est apparue il y a 200 millions d'années, est simplement une boîte osseuse qui enferme et protège tous les organes du corps. Seules dépassent les membres et la queue. Cette dernière est reliée par une peau souple aux pattes et à la carapace (l'épaisseur avoisinant le centimètre).

Carapace de Tortue Verte © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Celle-ci, composée d'une dossière et d'un plastron, est constituée de deux revêtements :

  • Une partie externe formée d'écailles épidermiques (plaques cornées)

Ces écailles dorsales et ventrales sont disposées régulièrement et portent des noms bien définis.

  • Une partie interne formée de plaques osseuses dermiques soudées au squelette.

Ces plaques osseuses sont réduites chez les tortues marines, allégeant ainsi le poids de la carapace, caractère évolutif et fonctionnel pour des animaux aquatiques qui permettra des déplacements rapides pour une dépense d'énergie minimisée.

Vertèbres © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Une partie des vertèbres et des côtes fusionnent avec la carapace ce qui assure une certaine solidité à l'ensemble. La tête est massive et, non rétractile dans la carapace. La gueule présente un bec denticulé chez la tortue verte. Celle-ci peu mesurer entre 120 et 150 cm pour une masse pouvant arriver jusqu'à 250 Kg, la moyenne se situant vers 150kg. Son nom lui vient de la couleur de sa graisse. Sa coloration varie du brun olivâtre au brun sombre.

Voir une tortue marine nager en pleine eau est un moment chargé de poésie. La relative lenteur de ce déplacement en « vol battue » nous ferait presque oublier les pointes de vitesse dont elles sont capables. Ne pouvant rétracter leur tête et leurs pattes dans leur carapace, elles trouvent leur salut dans la fuite devant des prédateurs potentiels par des accélérations fulgurantes. Les membres antérieurs (longues et profilées) sont dévolus à la propulsion car de forme allongée et les membres postérieurs, courts et palmés, sont utilisés comme gouvernail. Sur terre, les pattes avant vont être utilisées comme un levier, leur permettant de basculer vers l'avant de quelques centimètres. A noter que les doigts sont atrophiés et réunis sous une même peau. Lors de la ponte ce sont ces dernières qui vont également permettre à la femelle dans un premier temps de balayer vivement le sable puis les pattes arrière vont creuser un nid dont la profondeur peut atteindre 70 centimètres. Tout au long de la ponte, une patte pendra dans le trou, pour cacher les œufs aux yeux des prédateurs et pour empêcher le sable de tomber dans le nid.

Respiration © Photo Philippe Mespoulhé, DR

A la naissance, il n'y a chez les tortues marines aucun élément anatomique externe qui permette de distinguer un sexe de l'autre. Les mâles adultes possèdent une queue plus longue et plus épaisse que celle des femelles qui abrite le pénis. La position du cloaque diffère également elle est plus proche de l'abdomen chez les femelles que chez les mâles.


Emergence de bébés tortues © Photo Philippe Mespoulhé

Chez la tortue verte, les mâles possèdent des ongles particulièrement développés qui leur permettent de se maintenir sur la femelle lors de l'accouplement. Cette particularité expliquant les traces de cicatrices sur les carapaces des femelles, témoignages de la fougue des assauts sexuels.