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Dossier - La tortue verte de l'océan indien
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Au niveau international, les tortues marines subissent une surexploitation inquiétante, certaines espèces sont menacées de disparition complète. Ce fait alarmiste a fait réagir les instances internationales.

  
DossiersLa tortue verte de l'océan indien
 

La caractéristique commune des tortues marines, découlant de leur appartenance au groupe des Reptiles, est d'avoir une reproduction typique d'animaux terrestres (fécondation interne, œufs protégés par une coquille...). Bien que parfaitement adapté à leur contexte océanique, les femelles sont obligées de remonter sur les plages pour pondre leurs œufs.

Traces de tortue sur la plage. © Blair Witherington, Flickr, CC by-nc 2.0
Ponte d'une tortue verte © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Toutes les espèces de tortues marines ont le même cycle de vie. Elles passent la quasi-totalité de leur existence en mer et n'en sortent qu'à de rares occasions pour pondre. Les accouplements ont lieu à proximité des sites de nidification ou lors de la migration (entre les sites d'alimentation et les sites de ponte) un ou deux mois avant le début de la ponte, les femelles s'accouplant avec un ou plusieurs mâles. Lors de l'accouplement, le mâle est accroché par ses deux griffes antérieures, (qui sont donc des caractères sexuels secondaires) à la carapace de la femelle. C'est en général à la faveur de la nuit (une exposition trop longue au soleil leur serait fatale), au crépuscule, souvent à la marée montante que les femelles sortent pour pondre.

Zone de ponte de tortues vertes © Photo Philippe Mespoulhé, DR

La tortue verte déposera jusqu'à 150 œufs de forme sphérique , soit 5 à 6 KG. Ils sont enrobés d'un mucus filant, tombant au fil des contractions rythmiques par 1 ,2,3 ou 4. En trente minutes, la ponte est terminée. Elle rebouche ensuite son nid délicatement avant de brouiller l'aire de ponte grâce à ses membres antérieurs. Elle retourne ensuite à la mer en s'accordant des pauses respiratoires. Attention aux obstacles imprévisibles comme des branches, des rochers qui sont des pièges mortelles pour nos reptiles, terrestres le temps d'une nuit. Pendant la saison de ponte chaque femelle est susceptible de revenir de 3 fois en moyenne à terre.

Ponte © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Il faudra environ 8 semaines après la ponte pour que les petites tortues sortent du nid. C'est la température extérieure qui est à l'origine de ce que l'on appelle l'émergence. Tant que celle-ci est trop forte, les petites tortues resteront enfouies, dès que celle-ci baisse, les petites tortues sortent pour rejoindre la mer. Il est fréquent que des émergences aient lieu en fin de journée, ou quand le ciel est nuageux. Cette relative diminution de température trompant les petites tortues impatientes de quitter leur nid. Erreur fatale car les prédateurs guettent.

Rats prédateurs © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Aucun des nouveaux-nés n'arrivera à la mer, ils seront tous dévorés sans le moindre états d'âme des frégate, des corbeaux-pie, des crabes.... Et des rats !!

Frégate © Photo Philippe Mespoulhé, DR
Bernard l'hermite© Photo Philippe Mespoulhé, DR

La température est un facteur qui va intervenir dès la ponte en influençant aussi bien sur la durée d'incubation que sur le sexe des individus. C'est en début d'embryologie que se situe la période thermosensible qui donnera des individus mâles ou femelles. Au dessus de 27°C, les œufs donneront une majorité de femelles. En dessous de cette température, il ne naîtra que des individus mâles. A noter que les tortues vertes reviennent pondre sur le site sur lequel elles sont nées.

Bébés tortues © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Elles commencent leur vie en se nourrissant de zooplancton (larves de mollusques , de crustacés, de poissons, méduses...et quelques algues). A ce régime omnivore (plus proche quand même d'une alimentation carnivore), succèdera une alimentation à base d'algues et d'herbes marines quand la taille avoisine les 35 cm. Capables de réaliser des apnées de trois heures, elles descendent parfois jusqu'à plus de 50 mètres de profondeur pour se nourrir.

Mérou croissant à queue jaune © Photo Philippe Mespoulhé, DR

Leur croissance est particulièrement lente, il faut plusieurs dizaines d'années pour atteindre la maturité sexuelle (vers 15 ans).