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Son déclin

Dossier - Région Alsace : Le grand hamster (Cricetus cricetus)
DossierClassé sous :zoologie , hamster , Faune

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Comme la cigogne, le grand hamster (Cricetus cricetus), autrefois appelée « Marmotte de Strasbourg », fait lui aussi partie intégrante du patrimoine faunistique régional. En Effet, l'Alsace est la seule région française dans laquelle l'espèce est présente.

  
DossiersRégion Alsace : Le grand hamster (Cricetus cricetus)
 

Au cours des dernières décennies, l'aire de répartition du grand hamster s'est considérablement fragmentée. L'espèce est menacée de disparition dans plusieurs pays européens dont la France, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas.

Entre 1997 et 1999, le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, par l'intermédiaire de l'office national de la chasse, a dressé un premier bilan de l'état des populations de grands hamsters en Alsace : l'espèce, présente dans plus de 380 communes au début du siècle, n'est plus connue actuellement que dans 85 d'entre elles. Dans le Haut-Rhin, le grand hamster a pratiquement disparu. Dans la plupart des communes du Bas-Rhin, l'espèce est en train de s'éteindre. Seule une petite population subsiste dans une dizaine de communes aux alentours de Geispolsheim où les densités avoisinaient en moyenne 0.5 terriers/ha au printemps 1999.

Le grand hamster bénéficie désormais d'une protection juridique, mais pas son habitat. Or en l'absence de destruction intentionnelle du grand hamster, la dégradation de ses milieux de vie constitue la principale raison actuelle de sa disparition. En effet, l'habitat de l'espèce s'est considérablement appauvri depuis 1970, en raison de l'évolution des pratiques culturales, de l'augmentation du réseau routier et du développement des infrastructures urbaines

La disparition du grand hamster, mais aussi du lièvre, de la perdrix et de nombreuses autres espèces de petite faune s'inscrit dans un contexte général d'appauvrissement floristique et faunistique des agrosystèmes en plaine d'Alsace . L'altération de l'habitat augmente les causes de mortalité « naturelles » de l'espèce que sont la prédation et la mortalité hivernale. Le développement des cultures de printemps (maïs notamment en plaine d'Alsace) au détriment des cultures d'hiver (blé, orge) ou pluriannuelles (trèfle, luzerne) rend les individus très sensibles aux prédateurs au printemps, en raison de l'absence de couvert végétal. La banalisation du paysage agraire (monoculture, augmentation de la taille des parcelles, disparition des chemins...) et l'utilisation de pesticides réduisent les ressources alimentaires et obligent les individus de l'espèce à de plus longs déplacements, ce qui les rend également plus vulnérables. L'irrigation des cultures, qui s'est généralisée dans le Haut-Rhin, la synchronisation des récoltes, les labours trop précoces ou trop profonds sont autant de pratiques culturales défavorables au grand hamster.

Par ailleurs, l'urbanisation galopante en périphérie strasbourgeoise (lotissements, zones industrielles ou commerciales...) empiète sur les milieux de vie du grand hamster. Enfin, le développement du réseau routier augmente les risque de mortalité accidentelle, mais surtout fragmente l'habitat de l'espèce par la création d'obstacles infranchissables.