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L'aléa volcanique

Dossier - Le volcanisme de A à Z....
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Depuis des millénaires, les volcans ont fasciné l'homme par leur puissance et les manifestations de leur activité. Nombre de croyances, divinités et autres dragons en sont nés. Aujourd'hui démystifiés pour la plupart des civilisations, l'attraction des volcans est toujours aussi grande.

  
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On distingue deux grands types d'éruption magmatique en fonction de la composition chimique du magma et de sa teneur en gaz dissous : les éruptions effusives et les éruptions explosives. Une éruption volcanique peut donc prendre plusieurs visages. Certains de ces visages sont communs aux deux types d'éruption, d'autres sont spécifiques de l'une ou de l'autre.

A - Les manifestations du volcanisme

Les émanations de gaz

L'émanation de gaz se produit au cours des deux types d'éruption. Des émanations peuvent également se produire, de manière plus ou moins continue, entre les phases éruptives. Les gaz sont émis au niveau de la gueule du volcan et sous forme de fumerolles sur ses flancs.

Tous les gaz sont toxiques sauf le plus important en volume, la vapeur d'eau. Leur toxicité les rend particulièrement dangereux pour les hommes et les animaux présents sur les flancs du volcan.

Les coulées de lave

Les coulées de lave, dont la température moyenne est de 1 000 °C, sont caractéristiques des éruptions effusives. Elles s'écoulent à des vitesses relativement faibles (de l'ordre de quelques centaines de mètres par heure). Cette vitesse diminue au fur et à mesure que la lave s'éloigne du lieu d'émission et que sa température baisse.

Les coulées sont ainsi peu meurtrières, puisque les populations ont le temps de fuir les zones menacées. Elles sont par contre très difficiles à arrêter ou même à dévier. Elles peuvent donc causer d'importants dégâts matériels.

Les retombées de tephra

Lors d'éruptions explosives, les tephras sont projetés dans l'atmosphère. Les bombes retombent à proximité du volcan, tandis que les cendres peuvent s'élever jusqu'à 30 km d'altitude dans la stratosphère, et ainsi être dispersées très loin du point d'émission.

Aux abords du volcan, les couches de cendres déposées peuvent atteindre plusieurs mètres d'épaisseur. La surcharge causée par ces retombées peut causer l'effondrement des bâtiments. De plus, les cendres les plus fines peuvent être inhalées et obstruer les voies respiratoires des hommes et des animaux.

Les nuées ardentes

Une nuée ardente est une émission brutale et dirigée d'un mélange constitué de gaz brûlants et de tephra. La nuée, dont la température atteint 500 °C, dévale les flancs du volcan à des vitesses de 200 à 500 km/h. Comme une avalanche de neige poudreuse, une nuée ardente peut se propager à contre-pente. Ce phénomène est souvent associé à l'édification d'un dôme ou d'une aiguille au sommet du volcan.

Les éruptions phréatomagmatiques

Au cours de sa remontée vers la surface, le magma peut entrer en contact avec une nappe souterraine ou une eau superficielle (lac, cours d'eau, etc). La vaporisation brutale de cette eau produit de fortes explosions, qui peuvent provoquer l'éjection de matériaux de toute taille. On parle alors d'éruption phréatomagmatique quand le magma sort en même temps que l'eau, et d'éruption phréatique lorsque ces explosions sont isolées ou suivies d'éruptions magmatiques. Ce type de phénomène est particulièrement destructeur et dangereux.

  •  B - Les phénomènes annexes

Les coulées de boue

Les coulées de boue, également appelées lahars, résultent du mélange de deux composants, les cendres et l'eau.
Lorsqu'une grande quantité de cendres déposée sur les flancs du volcan est transformée en boue par un fort apport d'eau (précipitations, rupture d'un lac de cratère ou fonte de neige), la boue dévale alors les pentes sous forme de coulées capables de tout détruire dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour du volcan. Un lahar progresse à une vitesse de plusieurs dizaines de kilomètres par heure, et ne laisse, en général, pas le temps aux populations menacées d'évacuer les lieux à temps. Ils ont donc un caractère particulièrement dangereux.

Ces départs de lahars peuvent se produire plusieurs années après l'éruption qui a engendré le dépôt de cendres.

Les glissements de terrain

Une éruption volcanique est toujours accompagnée d'une forte activité sismique qui traduit les déformations subies par le volcan. Ces séismes ne sont, en général, pas dangereux, puisque d'une intensité faible. Ils peuvent cependant provoquer des glissements de terrain qui, eux, peuvent avoir de graves conséquences. Le gonflement d'une partie de l'édifice peut aussi être à l'origine de grandes avalanches de débris et d'éboulements.

Ces glissements de terrain et avalanches peuvent avoir des effets directs plus dévastateurs que l'éruption elle-même. De plus, lorsqu'ils concernent un très gros volume de matériaux et qu'ils ont lieu près de la côte ou sous la mer, ils peuvent engendrer des raz-de-marée.

Les tsunamis

Les séismes, les éruptions volcaniques sous-marines ou les glissements de terrain s'ils se produisent dans la mer ou à proximité de la côte, peuvent être à l'origine de raz-de-marée, ou tsunami. Une explosion violente peut également engendrer un tsunami.

La caractéristique la plus importante d'un tsunami est sa propagation possible à travers un océan entier. Des côtes situées à des milliers de kilomètres du volcan en éruption peuvent être frappées, et de manière très meurtrière et dévastatrice, par un tsunami.

Les remontées de gaz à la surface d'un lac

Il peut arriver que le gaz carbonique émis par le volcanisme soit stocké au fond des lacs de cratères (maars). Ces eaux profondes peuvent remonter à la surface et dégager brutalement une grande quantité de gaz. L'arrivée massive de gaz peut alors entraîner l'asphyxie des hommes et des animaux. C'est ce qui s'est probablement passé au lac Nyos (Cameroun) en 1986.